‹ Les Conciles générauxChapitre 30 sur 35 · VI · texte numérisé non relu

VI

Les Sessions du Concile.

Session Ière

Le 24 Septembre 787 se tint la première Session, qui s'ouvrit par un éloquent discours de Tarasius Patriarche de Constantinople. Les Légats Pontificaux étaient présents ainsi que les Evèques. Deux commissaires impériaux étaient assis en face de l'ambon de la Basilique. Tarasius, dans son allocution, parla des nouveautés à fuir et des traditions de l'Eglise qu'il fallait embrasser. Ensuite Léonce, envoyé de l'empereur et de l'impératrice, lut leur lettre adressée aux Pères et par laquelle, entre autres choses, on recommandait de lire publiquement la lettre du Pape Adrien, apportée par ses Légats, et de la prendre pour régie dans tout le cours des discussions.

On écouta la profession de foi de plusieurs Evèques, tombés précédemment dans l'hérésie, et particulièrement celle de Basile d'Ancyre. Ce dernier déclara publiquement qu'il vénérait les Reliques et les Images des Saints et qu'il a nathéma lisait les Iconoclastes. En conséquence, il fut admis, ainsi que les Evèques dont nous venons de parler, à

prendre part au Concile. Les Pères voulurent que l'on différât l'admission de plusieurs autres Evoques, car, comme l'observa Tarasius qui, avec l'autorisation des Légats Pontificaux, dirigeait les discussions : Diuturniores passiones difftciliores sunt ad curandum; sic et anima quae in obscuro est haereseos, orlhodoxiae lumen difficile recognoscil. Afin donc de bien s'assurer de la conversion de ces Evoques suspects, afin aussi de mieux observer les anciennes traditions et les décrets des Conciles, on eut recours à diverses autorités, notamment à celle des Canons, pour déterminer le mode anciennement suivi lorsqu'il s'agissait de recevoir à la communion les hérétiques convertis. Parmi les Canons lus en cette occasion se trouvaient le LI1P Canon Apostolique et le VIP Canon du Pr Concile général. On examina également avec un soin particulier la question de savoir s'il fallait reconnaître, ou non, les ordinations faites par les Evèques Iconoclastes ; l'on se décida pour l'affirmative.

Session IP

Le 26 Septembre eut lieu la seconde Session. Grégoire, Evèque Iconoclaste de Néocésarée y comparut. Le Patriarche Tarasius, avec toute l'autorité que lui donnaient son rang et sa doctrine, reprocha à cet Evêque ses erreurs. Grégoire, loin de se mon-

trer offensé , mais au contraire avec une humilité digne d'éloges, accepta les reproches du Patriarche.

Dans cette Session furent lues les lettres du Pape Adrien à l'empereur, à l'impératrice et à Tarasius; après quoi les Légats Pontificaux se levèrent et interrogèrent publiquement le Patriarche de la manière suivante : Dical nobis Sanctissimus Tharasius, Patriarcha Regiae Civitalis, si consentiat litteris Sanclissimi Papae Senioris Romae Hadriani, annon? Tarasius répondit que non-seulement il recevait ces lettres, mais encore qu'il tenait la doctrine d'Adrien, touchant les S,es Images, pour la vraie doctrine , à laquelle tout Chrétien devait adhérer.

Les Légats ne se contentèrent point de l'assentiment de Tarasius, ils voulurent de plus que tous les Pères du Concile déclarassent s'ils acceptaient ou non les lettres du Pape. Tous les acceptèrent et chacun d'eux en particulier déclara qu'il vénérait les Images des Saints.

On permit alors, par privilège, aux Archimandrites et aux Moines d'exprimer aussi leur opinion, qui se trouva conforme aux déclarations explicites des Evoques. Tarasius fit observer que cette permission n'avait été accordée qu'afin que chacun pût professer publiquement sa foi.

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Session IIP

Cette Session fut tant soit peu tumultueuse à cause de la présence de Grégoire, Evèque de Néocésarée. Ce dernier soumit au Concile sa profession de foi, et abjura l'erreur des Iconoclastes; mais quelques-uns des Pères ne voulaient point consentir à ce qu'il prit place parmi eux, ni à ce qu'on le rétablit sur son Siège: le prétendant indigne d'un pardon aussi complet, parce qu'il avait fait la guerre aux Sles Images et persécuté ceux qui en défendaient le culte. Selon les Canons Apostoliques, disaient ces Pères, on ne peut rétablir sur son Siège un Evèque persécuteur de la foi. Après bien des réclamations animées de part et d'autre, au sujet de Grégoire, on finit par convenir que si l'accusation portée contre lui était prouvée il méritait la déposition. Mais l'accusation ne put être prouvée, et Grégoire prit place dans le Concile , ainsi que plusieurs autres Evoques pénitents.

On lut ensuite d'importants documents. Le premier fut la lettre écrite par Tarasius, après son ordination, aux Patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem pour les inviter au Concile. Le second fut la réponse de ces Patriarches dans laquelle resplendit dans tout son éclat la doctrine Catholique de la Primauté des Pontifes Romains.

En effet ces trois Patriarches se trouvant, sous le joug des Sarrasins, dans l'impossibilité d'intervenir au Concile général, y envoyèrent leurs représentants, et écrivirent à Tarasius que leur absence ne pouvait pas plus apporter d'obstacle aux décisions du Concile que n'en avait apporté à celles du VI* Concile général l'absence des Evèques de divers Patriarcats ; ce qu'ils confirmaient de la manière suivante : Praecipue cum Sanctissimus el Apostolicus Papa Romanus concordaverit et in ea inventus sil per Apocrisiarios suos. El nunc, Sanclissimi, hoc cum auxilio Dei simililer fiai . Nam si tune Illius fîdes in orbis lerrae personuit fines, ita el Synodi, quae nunc per gratiam Dei congreganda est per interventionem Veslram et Ejus qui moderalur Apostolorum Principis Sedem, praedicabilur in omni loco qui sub cœlo est. On lut encore la lettre de Théodore, autrefois Patriarche de Jérusalem, et elle fut approuvée par le Concile.

Session IVe

Selon le mode observé dans la célébration des Conciles généraux qui avaient précédé, on produisit, dans celte Session, les autorités de la Sainte Ecriture. et des SS. Pères, en faveur du culte des Images. On lut particulièrement les témoignages des anciens auteurs, attestant les miracles obtenus

par le culte des StM Images. Parmi ces miracles on raconta celui qui eut lieu à Béryte et dont il est question dans la légende attribuée à S. Athanase. On joignit à ce témoignage la lettre de Grégoire III à S. Germain et trois lettres de S. Germain luimême prouvant la légitimité du culte des Images.

Les Pères anathématisèrent alors quiconque avait eu, ou conservait encore, le sentiment contraire.

Le témoignage, extrait des Actes de S. Maxime Martyr, qu'on lut dans cette Session est très-remarquable. Il y est dit que certains Evêques Monothélites, étant venus trouver le Saint, se mirent à genoux devant les SS. Evangiles, devant la Croix et devant les Images de N. S. Jésus-Christ et de la Très-Sainte Vierge, en les vénérant et en les touchant pour confirmer leur promesse d'abjurer le monothélisme.

Session V*

Les Pères mirent en lumière l'origine de la nouvelle hérésie et firent voir qu'elle provenait des Juifs, des Manichéens etc. On fit une fois de plus toucher du doigt, par les écrits du Diacre Constantin, Cartophylace, le vieil artifice employé par les hérétiques et consistant à falsifier les écrits au profit de leurs opinions.

Dans cette même Session, les Pères furent d'accord de rétablir solennellement le culte des Sles Images par la récitation des Litanies, en plein Concile, devant une Image Sacrée qu'on y apporterait à cet effet, ce qui eut lieu le jour suivant. La décision du Concile, relative au rétablissement du culte des Images fut proclamée alors par les Légats. De plus, dans cette Session, l'on prononça l'anathème contre les profanateurs des Stcs Images.

Session VI'

On y condamna le pseudo-Vil* Concile général; et l'on y confessa publiquement que dans la Sainte Eucharistie se trouvaient, non point l'Image de Jésus-Christ (comme le prétendaient les hérétiques), mais bien son vrai Corps et son vrai Sang. On réfuta aussi les arguments par lesquels les Iconoclastes combattaient la tradition constante et l'infaillibilité de l'Eglise.

Session VII0

On y formula la profession de foi touchant les S,es Images. On anathématisa ensuite les Iconoclastes dont plusieurs furent désignés nominalement. On acclama le courage chrétien de S. Germain, Patriarche de Constantinople, de S. Jean

Damascène et de Georges Evoque de Chypre. On écrivit une lettre à Constantin et à Irène, ainsi qu'une lettre Synodique à toute l'Eglise.

La profession de foi, c'est-à-dire le décret concernant le culte des S105 Images, fut souscrit premièrement par les Légats Pontificaux, en second lieu par Tarasius, ensuite par les représentants des trois Patriarches absents et enfin par les autres Evêques.

Le Concile était ainsi terminé, lorsque l'impératrice Irène appela les Evêques à Constantinople, où les Pères tinrent une séance publique, à laquelle intervinrent l'empereur Constantin et l'impératrice sa mère, en présence du peuple de Constantinople. L'empereur et l'impératrice souscrivirent la définition de foi avec les Evêques, et furent ensuite acclamés eux-mêmes, selon l'ancien usage des Conciles. En dernier lieu, Tarasius écrivit au Pape Adrien, qui approuva le Concile et fit connaître par lettres cette approbation aux Evêques ainsi qu'à l'empereur et à l'impératrice.

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