‹ Les Concini, 1616-1617Chapitre 18 sur 42 · II · texte numérisé non relu

II

l50 LES CONCINI.

LE FAUX JUIF

La connaissance de la crédulité de l'iiommc et de son amour pour les choses merveilleuses, puisque la seule fois qu'il cesse de croire en moi, c'est quand je lui dis que je ne suis pas croyable.

CONClNI.

Tues un rusé compèiie, je le vois. Agis donc comme si je te croyais, et dis -moi ce qu'il faut penser d'une blessure située Tiens, regarde. (// écarte la couverture du lit, et découvre m poitrine, couverte de linges ensanglantés. ) La lame est entrée là, — où je pose ton doigt,... entrée de trois pouces au moins, Rabbi : j'ai senti froid bien loin dans la poitrine... Mauvais endroit pour une boutonnière du genre de cellelà, n'est-il pas vrai, docte barbu?

LE FAUX JUIF

Mauvais endroit en effet : un pouce plus haut, c'en était fait de vous. L'homme qu'on a fait tuer dans la rue de la Ferronnerie...

CONCINI , très-troublé.

De la Ferronnerie!... Eh bien?

LES CONCINI. l3l

LE FAUX JUIF, épiant l'effet de ses paroles. Le roi Henri IV.

coxGiNi, encore plus troublé. Henri IV! Eh bien...

LE FAUX JUIF, le dévorant du regard.

L'avez-vous vu, quund on le rapporta au Louvre ; quand on le rapporta percé , sanglant et mort?

CONCINI

Non,... eu vérité, monsieur!

STELLA

Mon père , mon père, vous trouvez-vous plus mal? vous pâlissez,., vos lèvres tremblent...

CONCINI

Ce n'est rien,... non, rien.

LA. MARÉCHALE d'ancre, avcc humeur^ au faux Juif.

C'est vous, docteur, vous qui le fatig^Iez de questions insignifiantes. Quelle raison avezvous pour lui parler d'un événement... depuis bien long-temps passé?

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