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nous le prouver, c'est à un prince du sang, messieurs, à un prince du sang, qu'il fait arrêter à la barbe de Paris et de la cabale des plus puissants seigneurs de France. Vous, qui faites tant le résolu, dites-nous, monsieur mon frère, les nouvelles arrivées aujourd'hui de l'armée.
— Eh bien quoi? reprit de Luynes d'un ton moins assuré, parce que le duc de Guise a enlevé les places que M. de INevers a fortifiées en Champagne, tout est-il donc perdu?
— Oui. oui, tout est perdu, reprit Cadenet, parce que, comme vous le dites. Guise sera bientôt maître de la Champagne, parce que, ainsi que vous le taisez, Mayenne est bloqué dans Soissons, parce que Montigny aura dans quelques jours soumis le Nivernais, parce que Chàteau-Porcien et Rhétel ne peuvent résister longtemps, et, par-dessus tout, parce que le roi veut rester ce qu'il a toujours été, un faible enfant grondant contre ceux qui lui donnent le fouet. — Qui m'en débarrassera? s'écrie-t-il ; où trouverai-je une bonne épée, pour châtier mes tyrans, quisont aussi ceux de mon peuple?Et puis, quand vous vous présentez pour servir cette belle ardeur : Allons à la pêche, vous dit-il ; et si vous lui parlez de l'épée qu'il demandait pour sortir
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de page, il vous répond : Donnez-moi mon couteau de chasse!.. Dites, n'est-ce pas ainsi que cela se passe entre vous et lui? Et vous espérez, encore, pour démonter l'étranger, vous faire un bois de lanee de ce roseau que tout vent fait ployer!... N'y comptez pas, Albert: tout est perdu, vous dis-je ; et vous seriez déjà arrêté, vous, si l'on avait su quel masque accompagnait M. de Vitry, dans sa rencontre avec l'Italien.
— En effet, reprit Brantes d'un air consterné, l'on vous cherche, monsieur Vitry. Des exempts se sont présentés à plusieurs reprises dans votre logis. Vos gens ont répondu qu'ils ignoraient ce que vous étiez devenu. On leur avait fait la leçon ; mais dans ce temps de délation, d'espionnage, au milieu de la terreur qu'inspire le nouveau triomphe de Concini, ne peut-on craindre ?
— Oh! quelle apparence, dit lentement Cadenet, qu'on vienne chercher monsieur notre ami dans cette maison, dans ce quartier si^éloigné! Il est vrai que les espions ne manquent pas aux Italiens; et je parierais, Albert, que vous ne faites pas un pas sans en avoir la demi-douzaine à vos trousses — Malgré toutes nos précautions pour cacher votre présence au bal de la maré-