OFFENSIVE, ENCORE ET TOUJOURS I
se tenir prêtes, le 5 au soir, à attaquer le 6, à la- première heure, sur Château-Thierry (6° armée), sur Montmirail (armée anglaise), du sud au nord (5® armée)^ enfin, au nord de Sézanne, tout en tenant les débouchés sud des marais de Saint-Gond (9® armée).
En outre, le 5 septembre dans la matinée, le général Joffre envoya aux 4" et 3^ armées opérant à l'est de nos quatre armées d'aile occidentale des ordres prescrivant de faire tête à l'ennemi et de menacer son flanc oriental alors parvenu au sud-ouest de l'Argonne. Enfin, le 6 septembre à neuf heures, fut envoyé aux diverses armées le message télégraphique bien connu^ qui commence par ces mots :
« Au moment oii s'engage une bataille dont dépend le salut du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière ; tous les efforts doivent être employés à attaquer et à refouler l'ennemi... »
La bataille qui s'est muée en victoire de la Marne a été voulue et préparée par le général Joffre, avec la collaboration du général Galliéni, au moins pendant la journée du 4 septembre. La constatation qui précède ne diminue en rien la valeur de cette déclaration
par laquelle se termine la note du Bulletin des Armées en date du 9 juin 1915 :
« Le vainqueur de la Marne, c'est notre « généralissime, à qui le monde entier, y « compris l'ennemi, rend déjà l'hommage de « cette victoire. »
La victoire de la Marne
Tout le monde sait que la bataille de la Marne a transformé la poursuite des armées allemandes consécutive à notre échec de Charleroi en une retraite plus ou moins désordonnée qui a pris fm le 13 septembre sur l'Aisne.
C'est la première fois, à ma connaissance, qu'une grande armée, marchant et combattant en retraite depuis huit jours, a trouvé en elle-même le ressort capable de transformer instantanément son long et pénible recul en offensive irrésistible.
Dans V Intransigeant du 18 juin dernier, sous le titre « Offensive^ encof^e et toujours », on a montré que, dès le 25 août 1914, quand les ordres de retraite vers le sud parvinrent à nos armées, la constante préoccupation du général Joffre fut de reprendre l'offensive à la première occasion favorable.
L'occasion attendue s'étant présentée, le 4 septembre de grand matin, sous la forme
d'un infléchissement vers le sud-est (Meaux et Goulommiers) de l'armée d'aile droite allemande, le général Joffre, après entente par téléphone avec le nouveau gouverneur de Paris, général Galliéni, lança de Vitry, à six heures du soir, un ordre fixant le dispositif des quatre armées d'aile gauche pour le 5 au soir et leur ordonnant l'offensive pour le 6 dès le matin.
A ce moment, les forces anglo-françaises se composaient de huit armées, réparties à raison de quatre armées pour l'aile gauche (6% anglaise, 5® et 9^), de deux armées pour le centre (4^ et 3®) et de deux armées pour l'aile droite (2^ eî V').
Le 5 septembre au matin fut lancé l'ordre aux 4® et 3^ armées (armées du centre) de faire tête à l'ennemi le 6 (dans la 4^ armée) et d'attaquer l'aile gauche des forces adverses marchant du nord au sud par le revers occidental de l'Argonne.
L'ordre du 5 septembre concernant les 2^ et P® armées, s'il a été réellement donné, n'a pu que prescrire aux chefs de ces armées une attitude défensive dans le but de conserver Nancy et les Vosges méridionales.
L'exécution des ordres généraux du 4 et du 5 septembre pour la reprise de l'offensive