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LE PANGERMANISME

résultait de renseignements très positifs, quoique un peu anciens. Autrefois, en effet, on distinguait nettement, en Allemagne, entre l'emploi des corps d'armée actifs et celui des corps d'armée de réserve.

Dans l'automne de 1911,legénéralde Bernhardi, un des chefs les plus ardents du pangermanisme doublé d'un écrivain militaire très écouté, publia son grand ouvrage ayant pour titre : La guerre d' aujourd'hui, dans lequel il préconise la levée en masse, Vaugmeniation de f artillerie et des munitions ^eniiïij la constitution de r artillerie lourde.

Les propositions de Bernhardi paraissent avoir été adoptées en Allemagne en prévision d'une guerre prochaine, car la mobilisation générale des forces militaires de ce pays, en juillet 1914, a eu pour effet de mettre en première ligne, non plus vingt-cinq corps d'armée actifs sur le pied de guerre, mais tous les autres, c'est-à-dire cinquante corps d'armée.

De cette façon, les Allemands espéraient détruire les Alliés du front occidental sous le poids du nombre avant d'avoir à transporter le gros de leurs forces sur le front oriental contre les Russes.

La manœuvre initiale, par lignes intérieures,

en vue d'écraser d'abord les Anglo-Français, puis les Russes, n'a pu se faire, grâce à l'héroïsme des Belges actionnés par leur roi.

La ruée en masse des Allemands, par suite de la résistance rencontrée en Belgique, n'a infligé aux armées anglo-françaises que l'échec de Charleroi, et non pas le désastre espéré à Berlin.

Ensuite, la victoire de la Marne a définitivement sauvé la France et ouvert la porte à toutes ses espérances.

Sur le front oriental

La guerre actuelle modifie sensiblement les conditions de la guerre moderne que l'étude des campagnes les plus récentes avait précisées, mais cette guerre ne cesse pas pour cela d'être régie par les principes qui découlent de la connaissance approfondie des campagnes napoléoniennes.

Si les principes de Napoléon continuent à guider, en tous pays, les généraux d'un rang élevé, leur application varie avec les milieux auxquels ils s'adressent.

Bien que l'histoire ne se recommence pas, il est des événements périodiques observés chez telle ou telle nation qui témoignent des qualités et des défauts propres à chacune d'elles. Par exemple, la conduite de la guerre actuelle sur le front oriental paraît subir l'influence du souvenir glorieux laissé aux Russes parla campagne de 1812.

Il y a deux mois, les Russes, maîtres de la

Galicie, étaient à la veille d'envahir les plaines hongroises, quand la belle manœuvre du maréchal Mackensen, exécutée avec une douzaine de corps d'armée nouvellement formés et pourvus de munitions d'artillerie en abondance, a contraint le grand-duc Nicolas à recevoir une grande bataille ou bien à battre en retraite.

C'est la seconde de ces solutions qui a prévalu chez le commandant en chef des forces russes, lequel s'est souvenu que, dans l'année 1812, les armées moscovites, grâce à leur ténacité bien connue, à leur patriotisme et à l'étendue de leurs opérations, avaient eu raison de l'offensive à outrance des armées napoléoniennes. Un tel résultat, les armées russes l'avaientobtenu en reculant avec ordre, pour entraîner l'ennemi loin de ses points d'appui et de ses renforts, tout en lui faisant éprouver des pertes de plus en plus grandes, pouvant amener à la longue son désastre.

Avant la guerre actuelle, il y avait en Europe deux grands centres de renseignements militaires : Bruxelles et Berne. Aujourd'hui, c'est en Suisse seulement que se centralisent les renseignements relatifs aux opérations militaires sur les différents fronts.

A ce titre, il est intéressant de connaître le

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