EN HAUTE ALSACE
la ville de Munster, après nous être emparés, le 21 juin, du bourg de Metzeral, qui en couvre les approches du côté méridional.
Le 16 juillet a paru dans la presse le récit officiel du combat de Metzeral engagé le 15 juin, en vue de réduire les défenses allemandes couvrant les approches de Munster par le sud.
Inutile de décrire les travaux défensifs des Allemands, consistant en plusieurs lignes de tranchées renforcées de fortins et en abris profonds à l'épreuve des obus de gros calibre.
Toutes les forteresses improvisées par les Teutons au cours de la guerre de siège en rase campagne qui dure depuis neuf mois sur le front occidental se ressemblent et les dispositions essentielles de bon nombre d'entre elles nous ont été révélées lors des attaques françaises dont se compose la bataille d'Arras.
On serait tenté d'assimilerlaprise de Metzeral à l'une quelconque des affaires de postes fortifiés qui constituaient la guerre au xvu^ siècle, si l'on ne savait les immenses progrès réalisés durant ces trois derniers siècles sous le rapport de la technique.
Aujourd'hui, le succès d'une attaque de poste fortifié dépend, en grande partie, de sa
préparation par l'artillerie et de l'aménagement préalable du terrain d'attaque. Ce double travail, en ce qui concerne l'affaire de Metzeral, a été long, nous dit le récit officiel, sans en préciser la durée. On peut l'estimer à trois ou quatre semaines. Après une préparation par le feu de l'artillerie, à la fois violente et minutieuse^ l'assaut fut donné le 15 juin. Bien que les bataillons désignés pour l'assaut ne soient pas indiqués dans le récit officiel, on peut croire qu'ils étaient au nombre de quatre, à savoir trois bataillons de chasseurs alpins, vulgo, diables bleus, originaires de la Savoie, du Dauphiné et de l'Auvergne, plus un bataillon de ligne provenant du recrutement de l'Ain.
Ces quatre bataillons occupaient, avant le moment fixé pour l'assaut, les places d'armes et les parallèles aménagées en face et près des objectifs.
Le commandant en chef de l'armée des Vosges, bien connu avant la guerre des jeunes officiers qu'attirent les études de psychologie militaire, avait eu soin d'ordonner que les fanfares des chasseurs et la musique d'infanterie jointe au bataillon de ligne se tiendraient, avant l'assaut, auprès de leurs unités respectives. Les fanfares devaient entamer la