L^ÉCOLE DU MENSONGE
ce Dieu-là qui, aux yeux du kaiser, a encouragé les massacres, viols, vols, incendies et pillages qui déshonorent à jamais l'armée allemande et son chef.
La mégalomanie de Guillaume II touche à la folie mystique, à preuve la proclamation impériale d'octobre 1914 aux armées allemandes du front oriental, où il est dit :
« Rappelez-vous que vous êtes le peuple « élu !
« L'esprit du Seigneur est descendu sur « moi, parce que je suis empereur des Gerce mains !
« Je suis l'instrument du Très-Haut!
(( Je suis son glaive, son représentant.
« Malheur et mort à tous ceux qui résiste- « ront à ma volonté !... »
Le mois dernier, au moment où la chute de Varsovie semblait prochaine, l'empereur allemand, de passage à Kœnigsberg, annonçait la victoire de l'Allemagne à bref délai et, dans un télégramme à sa sœur, la reine de Grèce, s'exprimait ainsi :
« Mon épée destructive (!) s'est abattue sur « les Russes. Ils auront besoin de six mois « pour se reformer. Dans peu de temps, je « t'annoncerai de nouvelles victoires de mes « braves qui se sont montrés invincibles dans
« leur lutte contre le monde presque entier. « Le drame de la guerre touche à sa fm. » Qu'en sait-il? Les Alliés, unis entre eux par un pacte indissoluble, sont fermement décidés à refuser la paix boiteuse dont parlait Guillaume II il y a quelques mois dans sa lettre à une haute personnalité de la cour de Bavière :
« Si elle (la paix prochaine) ne devait don- « ner immédiatement qu'un résultat incom- « plet, elle servirait, tout au moins, de pré- « paration pour l'avenir. »
C'est cela. Dans dix ans, ou moins, on recommencerait l'attaque, pour vaincre cette fois en toute certitude. Seulement, le machiavélisme du disciple couronné de Bismarck est percé à jour. La paix se fera quand le militarisme allemand sera détruit pour toujours.
Comme en 1 81 2
Les causes pour lesquelles la guerre de 1812 contre la Russie a été pour la France un désastre sans précédent sont aussi nombreuses que profondes.
Leur discussion m'entraînerait trop loin.
Qu'il me suffise de dire que cette guerre fut préparée, deux années durant, avec le plus grand soin, alors que Napoléon avait improvisé ses campagnes antérieures, toutes couronnées de succès.
Dans les premiers jours de juin 1812, à la veille des hostilités, Napoléon savait les forces russes établies en cordon derrière la frontière et formant deux armées, l'une principale sous Barclay, l'autre secondaire sous Bagration, séparées l'une de l'autre par un vaste intervalle.
L'armée de Barclay s'étendait de Tilsitt à Grodno, avec son centre à Vilna. L'armée de Bagration rayonnait autour de Lyck, en Volhynie.
L'effectif global des forces russes était notablement inférieur à celui de la Grande-Armée. Dans le cas où les Russes resteraient en position d'attente derrière leur frontière, ce qui eut lieu, Napoléon avait élaboré une manœuvre stratégique dite de Vilna, qui aurait pour effet de rejeter l'armée principale sur l'armée secondaire et d'écraser le tout en une seule et grande bataille qui déciderait du sort de la Russie et mettrait fin à la guerre.
La manœuvre projetée échoua par suite de la retraite accélérée des deux armées russes, cherchant à se réunir en arrière.
Cette réunion une fois faite, à Smolensk, les deux armées russes n'en forment plus qu'une seule, sous les ordres de Kutusof, le nouveau général en chef ; celle-ci prit position, le 5 septembre, sur le terrain de Borodino,en vue d'accepter la bataille défensive connue sous le nom de la Moskow^a.
La nouvelle victoire napoléonnienne fut remportée le 6 septembre et suivie, le 14, de l'entrée des Français à Moscou.
Dans les derniersjours dejuin 1812, au moment où la Grande-Armée franchit la frontière prusso-russe, elle comprenait 400.000 combattants, 80.000 chevaux et 1.200 pièces de canon. En septembre, à Moscou, cette armée