‹ Les conditions de la guerre moderneChapitre 21 sur 53 · COMME EN · texte numérisé non relu

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ne comptait plus que 100.000 hommes, quelques milliers de chevaux et 600 canons. Elle avait donc perdu depuis le 24 juin jusqu'au 24 septembre, soit en trois mois de campagne, les deux tiers de son effectif. C'est donc une erreur de croire que le désastre de la Grande- Armée en 1812estuniquement dû à la rigueur de l'hiver venant s'ajouter aux souffrances de la retraite, laquelle, à la vérité, s'est changée en une déroute sans nom au passage de la Bérézina (30 novembre).

Lorsqu'ils repassèrent le Niémen, vers la mi-décembre, les débris de la Grande-Armée ne formaient plus qu'une horde de quelques milliers d'hommes, précédée sur le chemin du retour par la vieille garde, réduite à 1.500 hommes, mais marchant en bon ordre, sac au dos et en armes.

Les opérations austro-allemandes du moment présent offrent une certaine analogie avec celles de la Grande-Armée française de 1812, en ce sens que l'abandon de Varsovie par les Russes témoigne de la volonté bien arrêté chez le grand-duc Nicolas, opérant à l'instar des généraux Barclay et Bagration, de reculer sans cesse plutôt que d'accepter une bataille, manœuvre susceptible de pro-

duire rencerclement d'une notable partie de ses forces.

L'armée russe, incapable quant à présent de prendre l'offensive faute de munitions en nombre suffisant, déploie dans ses combats en retraite une vigueur et une ténacité qu'on ne saurait trop admirer. Cette armée, que l'on ne peut comparer à aucune autre en raison de sa psychologie propre, est dirigée comme elle mérite de l'être par le grand-duc Nicolas.

Les Austro-Allemands du front oriental disposent des puissants moyens de transport et de communication qui faisaient défaut à Napoléon, je veux dire les chemins de fer et la télégraphie électrique.

Grâce à ces deux inventions postérieures au grand Empereur, l'Austro-AUemagne va continuer les opérations offensives de ses troupes en assurant à celles-ci,jusqu'à un certain point, un entretien convenable et une certaine capacité de mouvement.

Ce sont là des avantages dont la valeur les incitera à outrepasser leurs moyens offensifs.

La retraite de l'ennemi exerce une forte attraction sur l'assaillant et l'entraîne plus loin que de raison. C'est ainsi qu'en poussant les Russes de Vilna jusqu'à Moscou, Napoléon, d'abord très hésitant, s'y est pris à trois

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