LA MANŒUVRE
sitions offensives à prendre par la 6® armée pour attaquer de flanc et en queue les colonnes allemandes en marche vers l'est. Telle est l'origine de la manœuvre entamée parla 6^ armée, le 5 septembre, et qui a donné lieu à la bataille de l'Ourcq, laquelle, en s'étendant aux autres armées, grâce à la haute impulsion du commandant en chef, nous a valu la grande victoire de la Marne.
La bataille de l'Ourcq a été la conséquence de la manœuvre de l'Ourcq conçue par le gouverneur de Paris, comme la victoire de la Marne a été le fruit de l'extension donné par le général Joffreaux opérations delà 6^^ armée sur l'Ourcq.
Le manœuvrier de grand style est un homme de science qui sait voir et aussi un créateur ou, si l'on aime mieux, un artiste, ennemi des lieux communs et des clichés, dont l'attention est surtout attirée sur les cas concrets demandant à être résolus objectivement.
Toutefois, il est des hommes dehaute science militaire que des circonstances contraires ont empêchés d'exercer de grands commandements à la guerre. Parmi eux, on peut citer, en Prusse, Clausewitz, von der Goltz et Bernhardi ; en France, Jomini.
Le général de Bernhardi, par exemple, est
depuis plus de quinze ans à la disposition, autrement dit, dans le cadre de réserve, et c'est à peine s'il est âgé de soixante-cinq ans. Guillaume II, avant cette guerre, brisait la carrière de tout officier de valeur montrant une certaine indépendance de caractère, mais, depuis, il s'est vu contraint de repêcher un bon nombre de généraux qu'il avait sacrifiés à son snobisme, tels Hindenburg et Mackensen, dont il a fait récemment des maréchaux, et quelques autres de leur trempe mis au rancart naguère parce qu'ils manquaient de souplesse dorsale.
L'œuvre maîtresse du général Bernhardi : La guerre d'aujourd'hui^ écrite en 1911 et dont la traduction en français a paru en 1913, contient, à la page 337 du deuxième volume, l'essence du plan offensif de l'Allemagne contre la France, consistant à pousser l'aile droite vers l'ouest à travers la Hollande et la Belgique, l'extrême droite longeant la mer pendant que, dans le sud, l'aile gauche esquiverait le choc de l'adversaire et se déroberait, par l' Alsace-Lorraine, vers le nord, en laissante l'ennemi toute liberté d'envahir l'Allemagne du sud.
La réalisation de ce plan a été entamée par lesAllemands,auxpremiersjours d'août 1914,