‹ Les conditions de la guerre moderneChapitre 3 sur 53 · LE GÉNÉRAL VON BERNHARDI · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL VON BERNHARDI

campagne qui dure depuis près de huit mois. En résumé, le général von Bernhardi, en dépit de toute sa science, et peut-être à cause d'elle, n'a en rien pressenti les événements actuels et ne s'est jamais douté du sort qui attend le militarisme prussien.

La retraite sur la Marne

En 1870, l'armée française, alors composée de soldats de métier, possédait^ à un très haut degré, la qualité primordiale qui se nomme la bravoure^ mais c'était à peu près la seule, car, sous le rapport de l'instruction guerrière, de l'organisation et du commandement, notre armée présentait une faiblesse lamentable.

On a beaucoup travaillé, chez nous, pendant les quarante-quatre années de paix comprises entre le funeste traité de Francfort et la grande guerre de revanche que nous faisons.

Ces travaux ont porté sur l'éducation morale et technique du soldat et sur la préparation des troupes au rôle qu'elles auraient à jouer en campagne. Les éducateurs furent d'abord les officiers ayant fait la guerre de 1870-1871, puis leurs successeurs, de plus en plus jeunes, qui tous étaient animés de la passion de revanche héritée de leurs anciens.

Durant cette période, notre haut commandement s'est progressivement formé à l'école

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