TROMPERIES IMPÉRIALES
abaissé jusqu'à solliciter le général en retraite de Bernhardi, bien connu comme écrivain militaire, de mettre sa plume au service des mensonges impériaux.
Cegénéral, ensaqualité de pangermaniste, ne s'est pas fait prier et, au mois de mars dernier, il a envoyé au journal américain Ze aSw/z, de New-York, un long et lourd article où les faits sont travestis avec une mauvaise foi incroyable. D'après l'article en question, la Belgique aurait violé sa propre neutralité, de connivence avec l'Angleterre, alors que l'Allemagne n'aurait jamais fait que se défendre contre ses ennemis, excités par la perlide Albion. Une falsification aussi éhontée des faits historiques n'a pu que faire hausser les épaules à ceux qui savent et, néanmoins, notre gouvernement, accordant aux mensonges deBernhardi une importance qu'ils n'avaient pas, s'est cru obligé d'y répondre en publiant, dans une note officielle, un démenti formel à certaines allégations du général prussien, d'après lesquelles la concentration de nos armées aurait été faite de manière à faciliter la violation delà Belgique par là France.
En réalité, le plan de concentration des forces françaises comportait cinq armées éta-
blies entre Belfort et la frontière belge, face à l'est, en ayant la 4^ armée en réserve, à l'ouest de Commercy.
Après que la neutralité belge eût été violée par l'Allemagne et quand le gouvernement du roi Albert eut demandé le secours de la France (4 août 1914), il fut décidé que nos V^ et 2^ armées resteraient établies, face à l'est, depuis Belfort jusqu'à Verdun et que les trois armées restantes, en vertu d'une variante du plan de concentration, s'établiraient sur la Meuse, de Verdun à Mézières, en faisant glisser la 5® armée le long de la frontière belge jusqu'à hauteur de Fourmies et en poussant les 9^ et 18^ corps de la 2"^ armée, ainsi que trois divisions d'Algérie et du Maroc, sans compter un corps de cavalerie, sur Mézières et Hirson.
En même temps, l'armée anglaise se concentrait, du 14 au 24 août, au sud de Maubeuge.
L'exécution des mesures prévues par la variante du plan de concentration français, relative à l'invasion de la Belgique par les Allemands, a permis à notre haut commandement, non seulement d'opposer aux masses allemandes venant du nord-est la plus grande partie de nos forces (trois armées sur cinq),