L UNITÉ DE DIRECTION
Les théâtres d'opérations de nos alliés Anglais, Russes et Italiens embrassent en Orient des régions autres que la Macédoine, dont quelques-unes son fort éloignées ; il a fallu instituer auprès du général en chef des armées françaises un organe de direction commun aux trois puissances alliées (Angleterre, France, Russie), renforcées de l'Italie et du Japon, qui, toutes les cinq, entendent se conformer à la déclaration du 4 septembre 1914, suivant laquelle ces puissances se sont engagées à ne pas conclure de paix séparée avec l'Allemagne.
Dans son rapport au président de la République du 2 décembre 1915, le ministre de la Guerre, général Galliéni, a rappelé le principe émis, dans le décret du 28 octobre 1913, aux termes duquel « le gouvernement, qui « assume la charge des intérêts vitaux du « pays, a seul qualité pour fixer le but poli- « tique de la guerre. »
C'est en application de ce principe qu'a eu lieu, le 4 décembre, à Calais, une conférence réunissant les principaux ministres de France et d'Angleterre, auxquels s'était joint le général Joffre, au sujet des questions à l'ordre du jour sur la politique extérieure. La conférence de ces hommes d'État de France
et d'Angleterre a été suivie, le surlendemain 6 décembre, d'un conseil de guerre tenu au grand quartier général français, sous la présidence du général Joffre, et comprenant comme membres, outre les représentants militaires de France et d'Angleterre, les représentants de l'armée russe, de l'armée italienne, de l'armée belge et de l'armée serbe.
Le conseil de guerre sus-indiqué, dont les décisions ne nous sont pas connues, a eu probablement pour objet de donner une forme militaire aux aspirations formulées dans la conférence politique du 4 décembre à Calais.
Ainsi vont se réaliser les deux conditions essentielles de la conduite de la guerre par les puissances alliées, à savoir la direction politique et la direction stratégique, en remarquant toutefois que, pour être complète, la direction politique devrait être assurée non seulement par les ministres anglais et français, mais aussi par les ministres russes, italiens, belges et serbes, en admettant qu'ils aient été au préalable investis par leurs souverains respectifs de l'autorité nécessaire.
Les deux organes directeurs, l'un pour la politique, Tautre pour la stratégie, que je viens d'indiquer chez les Alliés ne peuvent