A SALONIQUE
instant à les attaquer, soit de vive force, soit par un siège dont il ne possédait pas les moyens, ainsi qu'en témoigne la lettre qu'il écrivait, le 16 octobre 1810, au plus ancien de ses lieutenants, le maréchal Ney, pour l'informer de son impuissance.
En fait, les lignes de Torrès-Védras sont restées indemnes et l'armée de Masséna est repassée du Portugal en Espagne, au mois de mars 1811, uniquement pour échappera la famine.
Le siège de Sébastopol, qui a duré deux ans, d'octobre 1854 à mars 1856, peut donner une idée de ce que sera peut-être la défense de Salonique avec cette différence capitale que la prise de Sébastopol était l'objet essentiel de la guerre de Crimée, tandis que la défense de Salonique ne sera jamais, pour les Alliés de 1914-1915, qu'un but secondaire, l'action principale ne pouvant avoir d'autre théâtre que le front occidental.
Des canons, et encore des canons
La proportion de l'artillerie dans les armées était au commencement du siècle dernier de 3 pièces de canon pour 1.000 combattants. Cette proportion n'a cessé depuis de s'accroître et cet accroissement s'est manifesté particulièrement pendant la campagne de 1813 en Allemagne lorsque Napoléon disposait seulement, comme troupes d'infanterie, de conscrits encadrés par les vieux soldats que la retraite de Russie avait épargnés.
On peut même affirmer d'une façon générale que tout affaissement de la valeur de l'infanterie réclame à titre de compensation une augmentation correspondante du nombre ou de la puissance des bouches à feu.
Quand cette guerre a éclaté, nous avions 120 canons de 75 par corps d'armée, à raison de 4 pour mille hommes, et les Allemands, 180 canons de modèles variés, soit de 6 par mille hommes.
Après l'adoption de leur canon de campa-