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DES CANONS, ET ENCORE DES CANONS

gne du modèle de 1877, les Allemands constatèrent l'infériorité de cette pièce par rapport au canon français de 1875 dont elle était une pâle copie.

Comment faire pour lutter avantageusement contre l'artillerie française dans une guerre inévitable et prochaine ?

C'est alors que furent adoptés en Allemagne les canons de 105 et de 220, à tir non rapide accéléré, ayant une grande justesse et portant jusqu'à 12.000 mètres. Ces canons devaient détruire, à grande distance, nos batteries de 75, dont la portée n'excède pas 6.000 mètres, et, par là même, permettre aux batteries allemandes de 77 d'entrer en action sans avoir à redouter les prodigieux effets de notre 75.

Le calcul, juste en soi, a porté ses fruits lors des premières rencontres qui ont abouti à la bataille de Charleroi, si malheureuse pour nos armes, qui s'est livrée du 20 au 24 août pour aboutir à la retraite générale de nos armées vers le sud.

Seulement, les Allemandsconstatèrent, dès les premières rencontres avec nos troupes, que si l'artillerie lourde donnait de très bons résultats contre le canon de 75 dont notre artillerie était presque exclusivement armée.

elle procurait des résultats matériels et moraux d'une efficacité extraordinaire quand par hasard elle dirigeait ses coups sur l'infanterie opposée.

A la bataille de Charleroi, les échecs subis par nos troupes furent provoqués, autant, sinon plus, par les grosses marmites que par les attaques de l'infanterie allemande.

On sait que nos troupes en retraite furent poursuivies, à partir du 25 août, principalement à l'aile droite allemande formée de l'armée de von Kluck, avec une ardeur et une rapidité exceptionnelles, les étapes journalières atteignant une étendue de 40 et même de 50 kilomètres. Il en résulte que nos vainqueurs arrivèrent sur la Marne presque à bout de forces, leurs convois de vivres et de munitions n'ayant pu que très difficilement conformer leurs mouvements à ceux des troupes.

Cette constatation faite après coup explique que nos troupes, de l'armée Maunoury, aient obtenu, le 5 septembre, grâce à un sursaut de patriotisme, les succès qui ont permis à l'admirable manœuvre du général Galliéni, de préparer la victoire de la Marne, laquelle a sauvé Paris de la destruction et donné à la France la possibilité de remporter plus tard la victoire finale.

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