‹ Les conditions de la guerre moderneChapitre 41 sur 53 · LE KAISER, EN TANT QUB GÉNÉRALISSIME · texte numérisé non relu

LE KAISER, EN TANT QUB GÉNÉRALISSIME

En voici quelques exemples :

Après la bataille brusquée qui aboutit à la victoire allemande de Charleroi, le Kaiser ordonne la poursuite générale des Anglo- Français en donnant à son aile droite, commandée par le général von Kluck, l'ordre de forcer de vitesse en vue d'encercler « la misérable armée anglaise » et de la faire prisonnière.

Grâce au coup d'œil et aux habiles dispositions du général Galliéni, gouverneur de Paris, la manœuvre enveloppante de von Kluck échoue et aboutit à la retraite désordonnée de ses troupes vers le nord, depuis la Marne jusqu'à l'Aisne, qui coule à Soissons.

C'était le moment, ou jamais, pour le Kaiser d'intervenir pour que la défaite de son aile droite ne s'étendît pas plus loin. 11 ne souffle mot, atterré qu'il est par le désastre partiel de von Kluck, et il abandonne ses autres lieutenants à leur propre inspiration. Le résultat, c'est la victoire française de la Marne^ dont les Allemands ne se sont jamais relevés.

Le 13 septembre, dans le but de mettre fin à la poursuite des Français, le Kaiser ordonne que ses armées se fortifient sur tout le front.

Il renonce ainsi à la guerre de mouvement, la seule qui amène des résultats prompts et décisifs, pour recourir à la guerre de siège en rase campagne, guerre très longue et par cela même avantageuse pour les Alliés, en ce sens qu'elle leur donne du temps pour compléter leur armement, leurs munitions et le matériel de guerre en général qui leur fait si grand défaut.

Dans les Flandres, et spécialement sur l'Yser, le Kaiser lance contre nous de formidables attaques en masses qui, toutes, échouent, en faisant des pertes évaluées à plusieurs centaines de mille hommes, mais qui, renouvelées, auraient peut-être ouvert la route de Calais.

Toutes les attaques allemandes sur le front occidental ont été menées sous les yeux du Kaiser et celui-ci, épouvanté de la ruine de son armée, a renoncé, dès la fin de novembre 1914, à renouveler ses tentatives pour percer, soit sur Paris, soit sur Calais.

Quelles sont donc les victoires allemandes dont le Kaiser parle sans cesse dans ses discours officiels?

Ayant renoncé à toute grande tentative contre le front occidental des Alliés, qu'il sait inviolable, le Kaiser s'efforce de créer

Page 1