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LE KAISER, EN TANT QUE GÉNÉRALISSIME

des diversions en Orient en menaçant l'Angleterre de lui enlever l'Egypte, de couper le canal de Suez et même de porter la guerre, par Bagdad, dans les Indes.

Comme l'a proclamé récemment notre ministre de la Guerre, l'éminent général Galliéni :

(( Nos ressources sont très supérieures, en hommes et en argent, à celles de l'ennemi, et presque illimitées en matériel, grâce à la maîtrise des mers.

« Prises dans l'étau, les puissances centrales luttent désespérément pour se dégager de l'étreinte. L'attaque de notre front sur l'Yser, l'offensive contre les Russes au printemps dernier, la campagne des Balkans sont les soubresauts de bête traquée... Même les succès récents rendus possibles par la trahison de la Bulgarie ne peuvent modifier la situation stratégique qui est immuable depuis de longs mois. »

Le désastre économique de l'Allemagne est, à mes yeux, l'affaire de quelques mois. Il produira l'anéantissement du militarisme prussien, cause de tous les maux qui, depuis trop longtemps, affligent l'humanité.

Le dégénéré qui préside aux destinées de

rAllemagne en verra la ruine, si l'affection cancéreuse dont il souffre lui en donne le temps, ce qui est à souhaiter, dans l'intérêt de la justice immanente.

Efforts persévérants

La guerre actuelle a, pour théâtre principal, le nord de la France ; c'est là que sera remportée, par les troupes anglo-françaises, la victoire finale, tandis que, sur le front oriental, les armées russes reconstituées continueront leur nouvelle offensive, jusqu'à envahir les provinces limitrophes des empires du centre.

11 ne suffit pas, pour vaincre, de disposer des moyens moraux, techniques et matériels les plus puissants, il faut encore que le grand réservoir de forces situé à l'arrière soit capable d'alimenter les troupes du front et de soutenir leur moral.

Nos soldats jouissent d'un moral excellent et, depuis plus de dix-sept mois que la guerre dure, ils donnent journellement des preuves de leur volonté de vaincre, de leur ténacité inlassable et de leur belle endurance. On sait le mot profond de Forain : « Pourvu que les civils tiennent! »

218 LES COiNDITIONS DE LA GUERRE MODERNE

11 y a lieu, en effet, de se préoccuper de l'état moral des populations civiles et de veiller à ce que celles-ci se maintiennent fermement à la hauteur des nécessités de l'époque actuelle. Depuis notre victoire de la Marne? en septembre 1914, les Allemands vaincus nous ont imposé la guerre de siège, opiniâtre et difficile, qui, par essence, est fort longue. C'est une guerre d'usure, exigeant de notre part une constance à toute épreuve.

L'Allemagne, bien plus que la France et ses alliés, souffre de ce genre de guerre, qui revêt la forme d'une lutte économique dans laquelle la maîtrise de la mer, qu'assure la flotte anglaise, nous donne les plus grands avantages.

11 n'est donc pas étonnant que tous les bruits de paix qui courent depuis quelque temps émanent de nos ennemis, fortement ébranlés militairement et économiquement.

On ne saurait trop combattre les offres de paix qui émanent en ce moment des puissances centrales dans le but d'endormir notre vigilance en nous inspirant des illusions perfides.

Plusieurs moyens sont à notre disposition pour lutter à l'intérieur contre les avances pacifistes des Austro-Allemands; c'est d'abord,

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