‹ Les conditions de la guerre moderneChapitre 43 sur 53 · EFFORTS PERSE VÉRAÎ^TS · texte numérisé non relu

EFFORTS PERSE VÉRAÎ^TS

l'attitude très nette de notre gouvernement, lequel répudie toute compromission ; c'est, ensuite, l'action exercée sur le public par les ordres du jour, par les communications à la presse et par les proclamations de nos grands chefs, en ces derniers temps, destinés à raffermir les cœurs, à démasquer les manœuvres louches de l'ennemi et à prêcher la foi dans le succès final. Un dernier moyen consiste, pour un certain nombre d'hommes jouissant d'un certain prestige, à donner des conférences dans certaines grandes villes du territoire national, dans le but de raffermir les convictions du public français en faveur de la supériorité incontestable des Alliés et dans le but aussi d'inviter à la patience les personnes que tendent à décourager les longueurs d'une guerre dont on ne prévoit pas la fm.

Parmi les communications au public qui ont contribué récemment à donner confiance dans la victoire définitive, je citerai quelques passages de l'ordre du jour du général Joffre, commandant en chef des armées françaises, où il est dit, à l'occasion du Nouvel An :

« L'armée allemande tient encore, mais « elle voit diminuer chaque jour ses effectifs « et ses ressources. Obligée de soutenir TAu-

« triche défaillante, elle doit rechercher sur « des théâtres secondaires des succès faciles a et temporaires qu'elle renonce à remporter « sur les fronts principaux.

« Toutes les colonies de l'Allemagne sont « isolées dans le monde ou tombées entre « nos mains.

« Au contraire, les Alliés se renforcent sans « cesse. Maîtres incontestés de la mer, ils « peuvent se ravitailler facilement, alors que « les empires du centre, épuisés fmancière- « ment et économiquement, en sont réduits « à ne plus compter que sur notre désaccord « ou notre lassitude... »

De son côté, le général Galliéni, ministre de la Guerre, s'écriait, le 28 décembre der- « nier, devant le Sénat réuni en séance :

« La France, il y a dix-huit mois, voulait « la paix ; aujourd'hui, elle veut la guerre. « Elle la veut de toute son énergie, elle y em- « ploie toutes ses ressources. Celui qui pro- « nonce dans la rue le mot de paix doit être « considéré comme un mauvais citoyen... »

Au cours d'un voyage dans le Midi, en voie d'exécution, je me rends compte que les diverses populations de la France se valent, au point de vue du patriotisme, et s'arment

Page 1