‹ Les conditions de la guerre moderneChapitre 44 sur 53 · EFFORTS PERSÉVÉRANTS · texte numérisé non relu

EFFORTS PERSÉVÉRANTS

également de patience pour mieux supporter les charges d'une guerre que l'on espère voir aboutir, avant la fin de l'année 1916, à une paix glorieuse et pour longtemps assurée.

Encore la Marne!

M.Campinchi que je n'ai pas l'honneur de connaître mais que je tiens pour un historien de haute valeur, vient de publier le sixième chapitre de V Histoire de la Grande Guerre dans la revue éditée par V Université des Annales,

Dans ce sixième chapitre, l'auteur décrit la victoire de la Marne et il le fait supérieurement. Je ne lui adresserai qu'une seule critique, c'est de n'avoir peut-être pas reconnu au général Galliéni toute la part qui lui revient dans la préparation de la bataille de rOurcq qui a donné naissance à la victoire de la Marne.

Dans mes articles de V Intransigeant du 18 et du 25 juin dernier, ainsi que du 17 septembre 1914, je me suis efforcé de montrer que le gain de cette bataille était dû aux efforts de nos armées d'aile gauche et du centre luttant contre les forces allemandes déchaînées à leur poursuite depuis Charleroi.

ENCORE LA MARNE l 223

La retraite des Français s'effectuait en laissant à l'ouest la direction de Paris. Le 3 septembre 1914, la V^ armée allemande, à l'aile droite du front de poursuite, débordait l'aile gauche française, et si cette V^ armée continuait à marcher sur la capitale elle serait à même, le 6 septembre, de bombarder ses faubourgs.

Fort heureusement pour nous, le 3 septembre, tandis que la 6® armée, ou armée de Paris, placée sous les ordres directs du général Maunoury, mais que dirigeait le général Galliéni, alors gouverneur de Paris, tenait les avant-postes du camp retranché, face au nord, des colonnes allemandes furent signalées en marche de Senlis vers le sud-est, abandonnant ainsi la direction de Paris.

Le gouverneur, de sa personne aux avantpostes, ne s'y trompa pas et interpréta aussitôt le changement de direction des troupes allemandes comme une manœuvre destinée à l'enveloppement de l'armée anglaise et de notre 5® armée, formant l'aile gauche de nos forces.

A ce moment, les armées françaises d'aile gauche et du centre, autres que l'armée de Paris, avaient l'ordre de continuer leur retraite jusqu'à la Seine qui coule de Bar à Cor-

beil,en attendant une occasion favorable pour reprendre l'offensive.

Cette occasion favorable, le général Galliéni crut l'avoir trouvée dans la possibilité de saisir en flagrant délit de manœuvre l'armée von Kluck dans son mouvement vers le sud-est.

En conséquence, le gouverneur donna, le 4 septembre, à 9 heures, l'ordre écrit suivant au général Maunoury: « En raison du mouve- « ment des armées allemandes qui paraissent « glisser en avant de notre front dans la di- « tion du sud-est, j'ai l'intention de porter « votre armée en avant dans leur flanc, c'est- (( à-dire dans la direction de l'est, en liaison « avec les troupes anglaises... Prenez dès (( maintenant vos dispositions pour que vos « troupes soient prêtes à marcher cet après- « midi et entamer demain un mouvement « général dans l'est du camp retranché. »

« Dans la même journée, écrit M.Campin- « chi, le gouverneur de Paris s'entretient a trois fois par téléphone avec le généralisc( sime qui décide que le moment est enfin (( venu de passer à une offensive générale. »

Les trois entretiens par téléphone du général Galliéni avec le général Joffre sont désormais historiques, mais, de la part du gouverneur de Paris, ils avaient pour objet de

Page 1