ENCORE LA MARNE
convaincre le général en chef qu'il y avait lieu de renoncer à la prolongation de la retraite générale sur la Seine pour exploiter la faute de von Kluck en attaquant de flanc l'armée de celui-ci. A la suite du troisième entretien téléphonique des deux généraux en question, le commandant en chef partageait la conviction où était le général Galliéni qu'il convenait de reprendre immédiatement l'offensive sur tout le front.
En conséquence, des ordres d'attaque furent lancés, le soir même du 4 septembre, par le général en chef aux armées d'aile gauche (6% Anglais, 5® et 9® armées) pour être exécutés à partir du 6 au matin.
La 6® armée dut se réunir, le 5, sur la rive droite de l'Ourcq, prête à la franchir en direction de Château-Thierry. L'armée anglaise, établie sur le front Changis-Coulommiers, eut à se porter sur Montmirail.
La 5^ armée devait attaquer directement du sud au nord.
La 9^ armée reçut pour mission de tenir les débouchés méridionaux des marais de Saint- Gond et d'occuper le plateau nord de Sézanne.
Le 5 septembre au matin, les ordres qui précèdent furent complétés par des ordres relatifs aux armées du centre (4^ et 3^ armées).
Enfin les 2^ et 1'"^ armées, composant l'aile droite de nos forces, en Lorraine et en haute Alsace, eurent à conserver l'attitude défensive qu'elles avaient depuis le début des opérations.
On doit remarquer que les ordres du général Joffre, lancés le 4 septembre au soir et le 5 dans la matinée, constituent le plan de la bataille de la Marne, tout comme Napoléon a dicté, le l^"" décembre 1805, le plan de la bataille d'Austerlitz, livrée le lendemain.
Si le général Joffre, en raison de l'emplacement qu'il occupait, le 4 septembre, au centre du dispositif général de retraite, n'a pu observer directement la manœuvre pseudo-enveloppante de l'armée von Kluck, il s'est laissé convaincre par le général Galliéni,dont le poste d'observateur se trouvait au nord du camp retranché de Paris, et il a eu le grand mérite, non seulement de faire sien le plan d'engagement du gouverneur, mais encore de donnera ce plan toute l'ampleur qu'il comportait.
On peut donc affirmer que le plan de la bataille de rOurcq d'où est résulté le plan de la bataille de la Marne est une œuvre collective à laquelle ont collaboré, à des titres divers, le gouverneur de Paris et le général en chef des armées anglo-françaises.