‹ Les conditions de la guerre moderneChapitre 6 sur 53 · EUX ET NOUS · texte numérisé non relu

EUX ET NOUS

il n'a été possible que chez nous, et avec succès, ce qui n'est pas peu dire.

On sait qu'à part de rares exceptions et, parmi elles, la surprise récente faite sur r Yser, grâce à l'emploi de bombes asphyxiantes, les Allemands, depuis bien des mois, n'attaquaient plus sur le front occidental, où ils sont réduits à la défensive. La dernière exception a été l'attaque vaine du fortin de Ville-sur-Tourbe ^ en Champagne, le 15 mai dernier, par une brigade d'infanterie allemande formée de deux régiments accolés ayant chacun en première ligne un bataillon, renforcé de pionniers et de mitrailleurs.

L'ouvrage était occupé par un petit nombre de bataillons français appartenant à un corps d'armée colonial.

D'après le récit officiel français de V échec allemand de Ville-sar-Tourbe publié le 21 mai, on a trouvé, le 16, sur un officier fait prisonnier, un croquis schématique indiquant l'objectif de l'attaque initiale, consistant en deux tranchées à la face nord de l'ouvrage.

L'attaque devait être précédée de l'explosion de trois fourneaux de mines, à faire sauter la veille, et dont les entonnoirs seraient utilisés par les assaillants.

Le récit officiel français porte :

« Depuis un mois, les hommes (allemands) « savaient qu'ils devaient attaquer, l'état- « major ayant même eu soin d'organiser, sur «. un mouvement de terrain dans la zone de (( l'arrière, un retranchement reproduisant « les contours et le dispositif de l'ouvrage « français. Les troupes, dans les périodes (( de repos, y avaient fait plusieurs répéli- (( lions de Vallaque. On espérait ainsi créer, (( chez les exécutants, une sorte d'automa- (( îisme des mouvements.

« Tout le mécanisme avait été soigneuse- « ment agencé. »

C'est complet : répétitions pour obtenir Vautomatisme dans le mécanisme général.

Les Allemands sont réduits à l'état de machines et, comme tels, incapables de lutter avantageusement contre des Français, qui sentent, qui pensent et qui sont animés de la volonté de vaincre.

Qu'en est-il résulté ?

Sur les quinze cents hommes constituant les deux bataillons de première ligne des troupes d'attaque, plus d'un millier furent tués et près de cinq cents, dont neuf officiers, tombèrent entre nos mains, en même temps que plusieurs mitrailleuses, en sorte que pas

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