‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 122 sur 207 · PROSÉLYTISME NÉGATIF · texte numérisé non relu

PROSÉLYTISME NÉGATIF

9 octobre 1914.

Le secrétaire de la rédaction de la Guerre sociale^ M. Tissier, qui est aux armées, rassure son rédacteur en chef sur les résultats moraux de la vie des camps :

Tu peux crier... que le renouveau chrétien est un bluff formidable : sous les obus et les balles, la minute présente est trop précieuse pour qu'on songe à l'éternité, à Dieu et à ses prêtres; on songe à soi et à l'ennemi d'en face, Dans les rares minutes de répit, on songe au repos, pour être dispos, tout à l'heure, quand recommencera la bataille. Dans les conversations, on parle de la France, de nos libertés, on ne parle pas de Dieu ni de ses ministres.

« On songe à soi ». Voilà les bons b... copieusement rassurés. M. Tissier n'a pas vu, jamais! des blessés « demandant les secours de la religion» : « ils réclament des secours plus matériels ». Moi, je veux bien. Mais je voudrais surtout savoir pourquoi M. Tissier, M. Hervé, tous leurs camarades sont à ce point préoccupés de s'assurer que les secours religieux ne sont pas demandés. Qu'est-ce que cela peut bien leur faire? S'ils s'en f... pour eux, pourquoi ne s'enf...-t-ils pas pour les autres?

Le prosélytisme religieux se comprend. Il est de droit naturel, il coule de source. Mais le prosélytisme irreligieux, d'où vient il? Et que signifie cette rage à vouloir, cette passion à désirer non que les hommes croient ou admettent une doctrine déter-

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