‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 170 sur 207 · I.<MI:<' .lu - .M'iMlir.' publié dans ri'" use du · texte numérisé non relu

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Russie. Ce n'était pas seulement en Russie que régnait cette inquiétude! Il restait pas mal de bons Français pour la traîner au fond de leur cœur. Cet évangéliaire slave, c'est le livre sur lequel est prêté le serment du sacre. On estimait qu'il avait été apporté en France, tout à fait au berceau de la monarchie capétienne, lors du mariage du roi Henri V^ avec Anne, fille d'Iaroslav grand-duc de Russie, en l'an 1051, premier acte d'alliance conclue entre la Russie et la France, acte d'où naquit le premier de nos rois à qui ait été donné le nom de Philippe, en mémoire de Philippe de Macédoine, père d'Alexandre le Grand, de qui la grande-duchesse était descendante par les empereurs de Constantinople, ses aïeux.

Ni l'alliance russe du xi^ siècle, ni la série des PhiUppe de France, ni l'arbre généalogique remontant au grand Macédonien, élève d'Aristote, disciple d'Homère et conquérant de l'Asie, ne sont des sujets dont puisse se désintéresser une cause historique comme la cause de la France et de sa monarchie. L'idée qu'au prochain sacre du roi de France, l'évangéliaire slave de Reims pût être absent, avait ajouté une douleur à la douleur dont le bombardement et la dégradation de la cathédrale de Jeanne d'Arc nous avaient tous remplis. Cette ombre dure est dissipée, l'évangéliaire, déposé dans un coffre-fort de la Bibliothèque de l'Hôtel de Ville, est inlact. Il en sera tiré un jour : et non pas seulement « pour l'étude et pour la curiosité », comme dit le savant corres^ pondant du Temps^ que nous remercions de tout notre cœur!

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