CONFISCATION ET CHATIMENT
10 novembre 1914.
En dépit des réclamations d'un certain nombre de journaux, le chûteau de Chambord, propriété d'un prince autrichien, le prince Hélie de Parme, n'est pas encore sous séquestre. Du môme geste dont Monseigneur le Duc d'Orléans renvoyait à l'empereur-roi le collier de la Toison d'or, les royalistes français ont le devoir de demander ce que signifie l'hésitation des pouvoirs publics devant ce propriétaire qui a pris du service contre la France et qui a brisé de lui-même tous les liens d'honneur et de sang qui l'attachaient à ce pays-ci.
Nous sommes incapables de diminuer ni au surplus d'exagérer le profond respect qui s'attache aux Bourbons de Parme comme aux Bourbons d'Espagne. Il nous a été agréable de savoir que don Jaime avait quitté l'Autriche et rendu son grade dans l'armée de nos ennemis. Nous apprenions avec plaisir que la future impératrice, archiduchesse Zita, d'ailleurs vraisemblablement bien innocente de celte guerre, parlait avec une tendre piété du pays de France illustré par tant de grandes princesses de ses aïeules. Les sympathies que trouvaient en France plusieurs frères de la princesse Zita nous paraissaient fort naturelles. Nous aurions eu plaisir à prolonger ces actes de vénération historique un peu complaisante, car il était toujours facile de les délimiter : l'esprit des coutumes tutélaires de notre loi