CONFISCATION ET CHATIMENT
de succession, renouvelée, explicitée au traité d'Utrecht, distingue de façon tranchante entre ces parentés françaises de nobles princes étrangers et la maison royale, la Maison de France liée à la patrie par d'irrévocables contrats, serve de la couronne, c'est-à-dire première servante et servante exclusive de l'État national. La raison qui exclut de la succession royale [soit les femmes, soit la postérité féminine, est aussi celle qui repousse les descendants des princes devenus étrangers par leur accession à des couronnes du dehors. Il importe que le caractère national du règne français soit sauvegardé avant tout.
Dans une brochure courte et forte, relative à des prétentions chimériques, notre éminent ami Marie (ie Roux demandait aux rares tenants des Bourbons de Parme ou d'Espagne ce qu'ils feraient dans l'hypothèse, toujours possible, où l'un de ces princes prendrait du service contre la France. L'hypothèse de ]\Iaric de Roux est réalisée. Il n'y a pas à dépouiller le prince Hélie de droit ni de partisans qu'il n'a point. Mais le château splendide offert par souscription nationale au roi de grand esprit et de grand cœur qui porta, en exil, le nom de Henri V fera retour à la nation. Et ce ne sera point là seulement un acte de haute reprise politique sanctionnée par le droit de la guerre, il y aura aussi un juste châtiment : nos lecteurs de janvier, février et mars n'ont peut-être pas oublié les allusions nombreuses faites ici, sous cette signature, à des intrigues effrontées, à des prétendances audacieuses, à des entreprises hardies d'attentat aux droits du Roi de France et de ridicules
subslilutions. Sans les connaître toutes, on en connaissait, on en surveillait quelques-unes. Sans me flatter d'avoir pénétré tous les détours et tous les dessous de celle-là, je puis alfirmer que l'intrigue du prince Hélie de Parme représentait bien des complots contre l'histoire la plus sainte de la Patrie, et si les choses eussent continué dans l'état de paix, il n'eût pas été impossible que ce scandale déjà dénoncé à Monseigneur le Duc d'Orléans fût traîné au tribunal public de l'opinion française.
Le prince Hélie de Parme en a-t-il été prévenu? Après avoir tenté l'esprit traditionnel de la France a-t-il rejeté son espoir dans Guillaume et François- Joseph? Folie et folie! Tous nos historiens l'ont marqué, Albert Sorel mieux que les autres : s'il y a dans le cœur français une passion maîtresse, c'est celle de l'indépendance de la patrie, notre fierté traditionnelle a toujours consisté, de père en fils, à n'avoir jamais admis même en pensée un sceptre étranger.