‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 198 sur 207 · LORD ROBERTS · texte numérisé non relu

LORD ROBERTS

16 novembre 1914.

Il est beau de périr à la fleur des vérifications de son rêve comme vient de le faire ce soldat de quatrevingt-deux ans. Le maréchal lord Roberts avait consumé ses dernières forces à porter de ville en ville des paroles de prophétie. Il s'était fait le prophète de la guerre imminente, et l'on ne croit pas le méconnaître en disant que l'apparition de l'épouvantable fléau à l'horizon des mers de l'île natale ne lui causait aucun frémissement de joie ni de satisfaction. Les vrais guerriers sont ceux pour qui la guerre est un labeur ou un jeu de prédilection, mais qui en parlent sans complaisance, avec la gravité qui convient au langage des fatales amours.

... Ce malheur guerrier, dont on n'est pas maître, on est maître de le prévoir, d'y pourvoir, d'en atténuer les épreuves et surtout d'en limiter les pertes du côté de ceux qu'on chérit. Lord Roberts aurait moins aimé ses frères, ses fils et ses petits-fils d'Angleterre s'il eût moins redouté, s'il eût moins dénoncé les embûches que devaient tendre et les coups que devaient porter leurs mauvais cousins d'Allemagne.

Lord Roberts s'attachait avec une extrême énergie à reformer l'armée anglaise et surtout à l'augmenter.

L'armée anglaise est faite de volontaires el de mercenaires, en quoi elle put comporter aux yeux de lord Roberts des défauts, dont quelques-uns lui

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