‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 205 sur 207 · Lord Castlereagh · texte numérisé non relu

Lord Castlereagh

458 LA FHANCE SE SAUVE ELLE-MÊME. i

considérables qu'elle entraîne, et la maison du défunt \

reste dans la famille. \

Les dispositions de cette loi sont demeurées lettre ^

morte ou à peu près, en raison de son caractère très î

spécial. Il faudrait les élargir et les appliquer, de droit, l

à toute succession ouverte par le fait de la guerre, i

quelle qu'en soit d'ailleurs la consistance ; q u'il s'agisse j

de terres ou de bâtiments, que la succession soit \

minime ou opulente, ;

La loi de 1906, d'ailleurs, n'est qu'une ébauche assez j

imparfaite de législation familiale. Mais le principe en i

est infiniment supérieur à la barbarie savante du Code \

civil et du Code de procédure civile, et je doute qu'une |

occasion plus favorable se présente pour obtenir la ]

réforme radicale de ces lois d'émiettement des for- ]

tunes privées que la Révolution et l'Empire nous ont \

léguées. •

Tout Français doué d'esprit politique voudra l

tourner ses réflexions vers ces vérités tutélaires, l

aujourd'hui animées, colorées, rendues vivantes et !

sensibles par la nécessité première de « mettre à j

l'abri des corbeaux » ce que notre correspondant ,

appelle « l'héritage des morts glorieux ». Ainsi les |

sentiments d'une noble amitié reconnaissante pour \

les défenseurs du pays tombés au champ d'honneur j

servira et militera pour la France future, pour ces j foyers, pour ces berceaux « deux fois sacrés « qu'il .^

s'agira, plus que jamais, de défendre ou de relever. ;

Ce qu'il y a de vif et de concret dans les principes 1

nationalistes de l'hérédité apparaît ainsi peu à peu i

dans nos heures cruelles. Ces familles misérable- ■

ment morcelées, ces héritages cruellement ran- l

çonnés par les lois de démocratie plébiscitaire et \

parlementaire (plus que jamais dans ces derniers ;

quinze ans, le Temps d'hier soir l'avouait), les successions et les foyers sont enfin reconnus pour les deux colonnes de la patrie. Nos Français vivants, les meilleurs, les soldats, on les voit, hélas ! se dresser et tomber dans une minute glorieuse, mais éphémère : si, à travers eux et au delà d'eux, il subsiste une France durable, c'est par la chaîne de l'esprit et du sang que leurs familles développent. Il n'y a point de France sans la continuité des familles françaises. Mais la famille ne se soutient, ne se maintient et ne se défend que par le foyer légué et par le foyer hérité.

Une œuvre de restauration domestique s'imposera donc sous l'influence de la guerre. Il y a des lois à refaire, des lois à corriger, des lois à abolir. Les faits présents ont des clartés qui suffisent à faire voir que de ces réformes dépendent notre vie ou notre mort en tant que nation. Si l'on veut qu'au bout de quelque temps il ne naisse plus de Français, il n'y a qu'à laisser agir les lois « hache menu » de la démocratie.

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