‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 41 sur 207 · VÉRITÉS DE SALUT · texte numérisé non relu

VÉRITÉS DE SALUT

En particulier, nous avons fait ce qui dépendait de nous, Léon Daudet, Bainville, Pujo, Lasserre, moi, pour dissiper la ridicule nuée : c'est une guerre d'officiers; pour exterminer la sotte illusion que les rois, princes, comtes, barons et hobereaux de l'empire allemand ou du royaume de Prusse seraient nos seuls vrais ennemis; pour faire justice du préjugé révolutionnaire qu'il y a peut-être un ami inconnu du peuple français dans le peuple allemand. Le goût naturel de la vérité nous guidait et aussi cette conviction qu'une vérité générale de cet ordre est de la plus haute utilité publique, car elle peut

nous épargner bien des duperies pleines de péril! Au bout de quelques jours, un auxiliaire imprévu mais sans prix nous est venu dans la personne des réfugiés alsaciens-lorrains. Eux, peuvent dire : « Nous connaissons l'Allemand. ». Ils l'ont vu 40 ans à l'œuvre et, de ce chef, leur autorité est sans réplique. Mainteneurs énergiques de la cause française en pays annexé, quel service vous venez de lui rendre à Paris!

— Ce sont des rois et des empereurs qui nous font la guerre.

— Non pas, c'est tout un peuple, toute une race, répondent-ils.

Voilà ce qu'a indiqué M. Blumenthal. Voilà ce qu'a fermement établi M. l'abbé Wetterlé, avec une netteté qui n'a pas craint de paraître trop crue. L'Allemagne, dit M. l'abbé Wetterlé S a voulu la guerre : l'Allemagne en corps. Le pangermanisme, qui ne reconnaît de valeur aux peuples que « dans la mesure où du sang allemand coule dans leurs veines », le pangermanisme qui « traite en esclaves tous ceux qui ne descendent pas des blonds Germains », ce pangermanisme « a fini par s'infiltrer dans les masses populaires ». Le civis germanus su7n est aussi orgueilleux et aussi excessif, dit M. l'abbé Wetterlé, que l'antique civis romanus... (Encore la cité romaine avait-elle délégué son droit à toutes les races et à toutes les villes de l'univers. M. l'abbé Wetterlé n'a pas vu d'Allemands pratiquer le parcere subjectis du Romain).

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