‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 42 sur 207 · L'APPEL » DU GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

L'APPEL » DU GOUVERNEMENT

11 écrit : « La guerre actuelle est donc et elle devait être très populaire en Allemagne ». La nation allemande l'a tenue pour « inévitable », elle a consenti tous les sacrifices pour en assurer le succès. « Trois fois le Reichstag fut dissous parce qu'il se refusait à voter les crédits militaires, trois fois le peuple allemand renvoya au Parlement des majorités plus complaisantes. » Guillaume II hésitait à risquer dans l'aventure l'avenir de sa dynastie : il a été traité de poltron. De 1905 à 1914, toujours « cette pression » belliqueuse « s'exerçait par en bas ». Par en bas^ il faut entendre, au sens des hiérarchies prussiennes, « le corps enseignant », « l'industrie », « le commerce » et, naturellement, le peuple, toujours! « L'Allemagne populaire attendait donc, elle voulait la guerre. » « Elle eût été déçue » si l'échéance en avait été éloignée!

Pour l'Allemagne officielle, elle guettait impatiemment l'heure où sa préparation serait achevée. Elle était à bout d'effort financier. La situation diplomatique créait bien dans les plus hautes sphères de l'État, jusque chez l'empereur, des « hésitations ». Mais quoi! « l'Allemagne des professeurs, des industriels, des commerçants et aussi l'Allemagne populaire, surexcitée par une longue et savante agitation (celle des pangerrnanistes), voulait la guerre et la voulait immédiatement ». C'est ce qui donne à cette guerre, dit M. l'abbé Wetterlé, « son caractère sans merci ». « Le vaincu devra disparaître ». Il sera, en effet, le vaincu d'un peuple, vaincu en tant que peuple et que race, en tant qu'échantillon d'un sang, d'une civilisation, d'une histoire....

Non plus que nous, M. l'abbé Wellerlé n'hésite pas. Entre la « vieille civilisation latine et cette civilisation artificielle el de pure surface qui dissimule mal la barbarie germanique », le sort des armes, le jeu des forces en conflit ne peuvent hésiter non plusl C'est à nous qu'est dû l'avenir. Il nous sera d'autant mieux dû que nous posséderons une notion plus claire de la véritable nature de notre ennemi : ses idées, ses sentiments, ses volontés définissent, dans une certaine mesure, les nôtres; du moment qu'on se bat, son destin, en un certain sens, détermine notre destin.

L'erreur sur un pareil sujet serait notre perte. Mais la vérité sauvera.

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