‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 44 sur 207 · POUR « TENIR · texte numérisé non relu

POUR « TENIR

D'autres que lui se taisent. D'autres que lui acceplenlles nécessités de la défense de la pairie, qui n'ont pas ses raisons de pudeur et de silence. Avons-

« L'APPPEL « DU GOUVERNEMENT. 109

nous réclamé parce que M. Gochin ou M. de Mun ne sont pas entrés au ministère de l'unification nationale? Jetons-nous les hauts cris pour la composition, assez étrange, du cabinet ministériel de Marcel Sembat qui compte au moins trois juifs et un protestant sur six membres?

Cependant nous avons connu M. Gustave Kahn poète aussi détestable que somptueux et M. Léon Blum critique littéraire médiocre et passablement pillard : ils feront peut-être des administrateurs supportables. Et, s'ils ne le sont pas, tant pis : il serait pire encore de perdre le temps de la France à les déloger. Ces piqûres d'épingles données par les circonstances à ce que nous avons de bon sens, d'esprit de justice ou d'intelligence peuvent être désagréables ; elles le sont certainement beaucoup moins que ne fut pour cet homme de guerre la nouvelle de la mort de son fils : il ne prit même pas le temps de s'en désoler : face à l'ennemi ! Faisons comme lui. Tâchons de comprendre et de pratiquer son incomparable fermeté romaine. Au loin flambent Louvain, Matines, avec de merveilleuses reliques d'art. Plus près de nous, les campagnes de Flandre et d'Artois, les vallées de la Somme et de l'Oise sont violées par la botte prussienne. Nous n'avons pas le temps de songer aux objets secondaires. Les plus grands seuls auront la vertu de nous occuper. Or, le plus grand de tous est cette paix publique, condition première de la Défense heureuse. Tout ce qui la trouble est maudit.

— Mais ce ministre ne me plaît pas. — Ni à moi. — Mais il a gaffé tout un septennat. — Ces gaff'es

septénaires lui ont peut-être appris son métier. — Il Ta appris à nos dépens. — Aussi a-t-il sans doute fini par le savoir: n'est-ce pas l'occasion ou jamais de rentrer dans tous nos débours?

Voilà ce que se disent tous les bons citoyens. Voilà ce que M. Clemenceau ne peut pas se dire. Il ne peut pas dialoguer avec lui-môme. Un interlocuteur lui manque : la Raison. Il est tout entier dans chacun des réflexes qui défilent à la débandade de ses pauvres nerfs. Mais gare aux nerfs do la nation ! Gare aux nerfs de la population parisienne ! Ce mal est de ceux qui se prennent. Le gouvernement serait sage de surveiller ça*.

1. Il fallut de nouvelles incartades pour que le Gouvernement suspendît enfin cet Homme libre, qui ressuscita à Bordeaux en Homme insuffisamment enchaîné.

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