‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 50 sur 207 · LA PRESSION ORIENTALE GAGE DE VICTOIRE · texte numérisé non relu

LA PRESSION ORIENTALE GAGE DE VICTOIRE

sion orientale dans les victoires de la Législative et de la Convention. Le fait avait été longtemps ignoré ou négligé de leurs prédécesseurs. Albert Sorel a fait là-dessus la lumière. En 1792, 1795, 1794, ce n'était certes pas l'alliance russe qui opérait, mais pratiquement c'est dans le même sens et pour le même résultat que militèrent les affaires de Pologne, d'abord par la rivalité des cabinets de Vienne, de Pétersbourg et de Berlin, ensuite par les insurrections ou mouvements divers qu'y suscitèrent les partages successifs et la dure oppresion qu'ils déterminaient. Ceux qui voudront feuilleter rapidement VEurope et la Révolution française toucheront du doigt ce que Sorel appelle « une liaison qui forme toute la trame de cette histoire ». Les actions et les réactions exercées sur les campagnes de la France par les affaires de Pologne et vice versa « ont déterminé tous les mouvements de l'Europe pendant la Révolution française. »

Cet imbroglio polonais suivi de près, selon les alternatives de réveil et de la torpeur, rend compte en très grande partie de quelques-unes des premières victoires révolutionnaires et, en partie, du mystère de Valmy. En avant de Valmy, on voit déjà les progrès de Catherine II en Pologne inquiéter à la fois Autrichiens et Prussiens et « suspendre » ou retarder « leur mouvement » ; la canonnade et la « démonstration » appuyèrent de raisons nouvelles les dispositions des Prussiens à la diplomatie et à la retraite. Même phénomène en avant de Jemmapes qui est du 6 novembre 1792 : dès la fin octobre, la Prusse « ne considérait que la Pologne », nous

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n'avions plus alTaire qu'aux Aulrichieiis! Cola «Mail si vrai que tous les diplomates révolutionnaires en eurent l'esprit frappé, exception faite pour Robespierre qui vécut et mourut fermé aux réîlilés.

Les concordances se poursuivent : la Pologne une fois partagée, l'offensive de la coalition devient plus vigoureuse, nos armées traversent de nouvelles périodes de détresse, Neerwinden est loin de sauver la situation, Dumouriez ose trahir, il évacue la Belgique.... Il était facile de marcher sur Paris; on s'arrête : pourquoi? Prussiens et Autrichiens se gourment toujours en Pologne, les Prussiens se refusent à toute action sérieuse « avant que les affaires de Pologne fussent réglées », le peuple polonais s'avise de dire son mot dans ses affaires, les agitations delà diète de Growno retiennent tout à fait l'attention des souverains, le roi de la Prusse n'y tient plus : en mai 1795, on parlait couramment de donner à l'Autriche la Belgique et la France jusqu'à la Somme et, le 29 septembre, Frédéric- Guillaume quitte nos frontières, court à Berlin pour € ramener les Polonais » aux termes du traité de partage : nous étions à deux doigts de la ruine au mois d'août et, dès le 16 octobre, nous nous délivrions des Autrichiens à Waltignie ! Toute la fin de l'année est pleine des victoires depuis Toulon jusqu'au lignes de Wissembourg.

Veut-on vérifier sur l'année suivante la splendide efficacité de la pression orientale? Sorel établit que * l'option s'impose » entre les campagnes de France et les affaires de Pologne. L'insurrection polonaise reprise en décembre et qui dure jusqu'en avril 1794,

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