‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 95 sur 207 · DE BERNE ET DE BALE A SENLIS · texte numérisé non relu

DE BERNE ET DE BALE A SENLIS

27 septembre 1014.

Hier, M. Compère-Morel nous avait paru bien prompl à donner créance aux excuses des prisonniers allemands. Il nous permettra de le féliciter aujourd'hui du récit qu'il a rapporté de Sentis. Cela est chaud et douloureux comme la chair soutirante d'un peuple broyé. L'article paru dans la ('nifrre sociale commence ainsi :

Si je n'avais de mes yeux vu les débris encore fumants des quatre-vingts maisons incendiées de Sentis ! Si je n'avais de mes propres oreilles entendu — et de la bouche même des témoins impuissants — le récit émouvant des assassinats perpétrés contre les paisibles habitants de cette petite tranquille sous-préfecture, je n'oserais croire à la possibilité de semblables forfaits !

M. Compère-Morel énumère les incendies, les vols, les pillages, la cruelle arrestation du maire et des autres otages presque tous fusillés, après ilrurr ^imiilacres (V exécution.... Le député socialiste séciit^ alors :

Ah ! voyez-vous, mes amis, il est des choses qui sont dures à avouer et il est des erreurs qu'il coùlc de reconnaître, mais quand, dans ce vaste et lugubre cimetière qu'est devenu Sentis, sur les lieux mêmes où h^s bandits en uniformes opérèrent, j'ni vécu par le souvenir ces heures terribles où de prétendus êtres humains s'amusaient avec des Français traînés de mur en mur, d'arbre en arbre, que l'on faisait souffrir à

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