‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 140 sur 238 · HUMEURS INFAMES · texte numérisé non relu

HUMEURS INFAMES

officiellemeiil en relard de soixante ou soixante-dix ans sur la pliilosophie du xx'- siècle. Je ne crois pas à la fonction spirituelle et dogmatique de l'État, mais je crois îi son influence morale. Une certaine tenue de l'esprit dans les S})lières supérieures pourrait décourager certains débraillés cérébraux. Il dépendrait non pas certes des prohibitions d'une censure ou des mots d'ordre du gouvernement, mais du langage, de l'attitude et de l'allure du « ministère national » que certaines offenses, que certaines insultes ne vissent pas le jour. Il suffirait d'en décourager les auteurs. Il suffirait qu'on sût le désir et la volonté de paix du gouvernement pour qu'à la Dépêche de Toulouse, par exemple, personne n'eût songé à écrire l'apostrophe haineuse qui fait le tour de la presse française avant d'aller réjouir et réchauffer les espérances de nos grossiers ennemis :

Battez-vous maintenant, petits soldats! Donnez voire chair, votre vie! Et mourez en pensant que la cloche de l'église sonnera peut-être des carillons quand les Allemands entreront dans votre village.

Cette façon de dénoncer dans le clergé, dans ses cloches, dans ses églises des éléments intéressés à la défaite française et à la victoire allemande réalise le plus cruel, le plus impie, le plus diviseur des scandales. Cette division doit être conjurée et ce scandale doit finir • tous les bons citoyens ont le droit de l'exiger, comme le respect de la loi, comme l'exécution des sentences judiciaires, au nom du peuple français l

Question de force ou de faiblesse, autant dire de vie ou de mort pour notre nation envahie!

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