A LA SORBONNE. — DE LA FORCE
Il nous est également impossible d'accorder la même admiration aux paroles dites en Sorbonnc jeudi. La Sorbonne, on ne le l'ignore pas, est une grande blessée. Elle a élé blessée par l'Allemagne, non dans la guerre, mais dans la paix. L'une des principales opérations d'avant-guerre aura été de s'emparer de l'illustre place forte universitaire et d'y installer un culte insensé de l'esprit germain. Ses principaux maîtres, ceux qui la dirigent encore aujourd'hui, M. Croiset, M. Séailles, ont germanisé à l'infini. Sont-ils guéris? Sont-ils seulement en convalescence? Jeunes gens, jeunes gens, nous ne pouvons aimer à vous induire en défiance contre des maîtres. Ces maîtres ont été des adversaires; ils sont vaincus, terriblement vaincus par l'événement; sans parler du respect dû aux chaires où ils siègent, ils méritent un traitement plein de générosité qui doit aller, s'il est possible, jusqu'à l'affection. Mais la critique peut être affectueuse, et nous ne saurions laisser passer la leçon d'ouverture, prononcée par M. Croiset, sans en faire sentir les deux ou trois erreurs profondes, persistantes et sans doute voulues. L'éloge qu'en fait M. Séailles dans les journaux établit que l'intervention chirurgicale fera du bien.
Ces messieurs ne prononcent ni n'écrivent plus un mot sans s'élever contre le culte de la force et contre la force elle-même, identifiée ou non à la force brutale. Il ne faut pas laisser courir sur cetle pente. Il n'y a pas à diviniser la force, il n'y a pas à