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LE CATHOLICISME ET LA PAIX

17 novembre 1914.

L'Encyclique annoncée depuis les débuts du nouveau pontifical nous est résumée par le télégraphe. Comme elle a pour sujet la paix, il sera permis de renouveler d'abord à ce propos certaines remarques et certaines questions auxquelles on n'a pas répondu jusqu'ici. D'abord voici la seule Internationale qui tienne. Toutes les autres défaillent ou elles tendent ;\ défaillir. Pendant que les socialistes essayent vainement de se mettre d'accord sur la composition de leur bureau central et sur l'emplacement ou siège de ce bureau, les millions de catholiques pressés dans les armées et les États belligérants n'ont pas un doute sur la demeure du Saint-Siège ni sur la personne du Souverain Pontife. C'est au moins un sujet qui est hors de débat! L'article qu'on a lu plus haut montre suffisamment que tout le reste est contestations, disputes, coups de plume, coups de sabre et coups de canon'. Cela étant, comment se fait-il que les pacifistes du monde entier fassent si peu de cas de cette paix catholique romaine si fermement établie dans son ordre qu'au milieu d'une mer ainsi démontée il n'y a plus la moindre banalité à en comparer les assises à celles du roc? Le bon sens devrait suffire à faire sentir que, si l'on veut jamais

1. Article de Jacques Bainville sur « les difficullés de s'entendre ». On ne s'entend ni sur le socialisme, ni sur le Kantisme, ni sur le principe des nationalités....

obtenir quelque paix entre les hommes, il sera sage et prudent de tenir au moins compte de cet élément. Bizarrerie étrange : non. contents de n'en pas tenir compte, les pacifistes veulent plus ou moins le détruire. Tous ou presque tous sont anticléricaux et anticatholiques'. Je ne comprends pas.

Il en est de même, et à plus forte raison, des socialistes. Pourquoi? C'est ce qu'on devrait m'expliquer. Leurs trois journaux : Humanité. Bataille syndicaliste. Guerre sociale sont, avec une franchise inégale, mais une intensité profonde, ennemis déclarés ou sournois de tout ce qui est catholique. Depuis qu'a été jurée notre concorde intérieure du A août. ces journaux charment leurs loisirs, amusent leur détresse à manger du curé tout en gémissant sur l'étroitesse de l'esprit catholique. Comment donc méconnaissent-ils le point d'appui, cependant clair et net, que trouverait dans le centre romain une propagande en faveur de la paix universelle, en faveur du désir de tempérer la concurrence économique par un esprit de cordialité et d'équité? C'est leur secret.

On en verra sans doute la clé dans la nouvelle préface du beau livre de Georges Valois, la Monarchie et la Classe ouvrière. Mais j'avertis que cette clé, ouvrant sur la conscience et sur l'intelligence des meneurs du Parti, ne les montre pas dans un très beau jour. Cependant, de deux choses l'une : ou bien, il y a dans l'effort du socialisme et du pacifisme, un élément caché que l'on ne nous dit pas, ou

1. Et tous veulent faire sortir la papauté du rôle international.

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Iticn, si rclï'orl esl sincère, ceLLc ignorance du calhclicisme, celle hoslililé au calliolicisme demeure un scandale pour la raison. Qu'enseigne le pape? la paix. Et l'aulorilé qu'il exerce, la conlinuilé de son aulorilé, le respecl donl l'entourent d'innombrables populations sulfit à témoigner que cet enseignement pacifiste n'est pas un vain mot, il s'étend aux réalités, il porte sur les faits, les incline et les modifie dans son domaine avec une bien autre efficacité que n'ont fait, dans le leur, les Congrès pacifistes ou la Gourde La Haye. L'alliance et le concours généreux d'un tel pouvoir en faveur de la paix européenne serait à solliciter à tout prix si les pacifistes étaient sérieux. Ils le répudient. Ce sont des fols, ou bien quel mystère!

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