LA NATURE ALLEMANDE
15 août 1914.
Je vois bien l'avantage qu'on peut trouver à concentrer l'attention publique sur de petits faits particuliers, que provisoirement nous considérons comme exceptionnels, tel le mot des prisonniers de la Voivre : « Ce n'est pas une guerre nationale, c'est une guerre d'officiers », ou la parole de cet autre arrivé hier à Versailles : « Kaiser capout.... la, icii, social democrat ». Mais si la tendance et l'objectif de ces sortes de considérations sont très clairs, il est encore plus clair qu'elles risquent de jeter l'opinion française sur la pente d'une illusion très dangereuse. C'est très joli de dire qu'on ne fait pas la guerre aux peuples ! Si la manœuvre ne persuade point le peuple ennemi, elle a le grave inconvénient d'exposer le nôtre à des élans de confiance dont il serait infailliblement la victime.
L'exception est l'exception, il faut la connaître, et elle est précieuse, mais c'est le général qui est la règle, qui se présente et s'applique dans la plupart des cas !
Ceux qui ont vu de près l'Allemand se rendent compte, comme Pierre Lasserre l'expliquait ici même il y a peu de jours, de l'importance et de la généralité de la haine qui nous est vouée en Allemagne. Ce ne sont pas des unités d'exception qui agonisent les Français de basses injures et excitent les troupes allemandes à c. taper sur les vauriens de