DÉDICACE. IX
Le 4 août une fois sonné, tous ces mots perdirent leur sens. Un y eut quune nécessité : la victoire, avec sa condition à Vintérieur : une grande paix. Ne pouvant pas partir avec vos enfants et nos frères, notes nous sommes voués à l'œuvre de cette paix. La voici. Jugez- la d'après le recueil de nos articles quotidiens des trois premiers mois environ. Si vous voyez quelque apparence que nous ayons été les dupes ou de l'union sacrée ou de l'urgente nécessité d'épargner au pays toute alarme, cette duperie sera notre gloire pour les beautés qu'elles a permises et le bien majeur quelle a fait.
Jamais, depuis vingt-cinq ans et plus, l'idée de la France n'avait été si claire : des soldats vaillants, des chefs dévoués et lucides l'incarnaient seuls, car, au bout de peu de semaines, le Parlemmt et le pouvoir issu des partis n'était plus y^eprésenté à Paris que par un gouverneur militaire. Réduite à nos éléments natienaux, la France a pu se sauver ellemême.
Pendant l'opération qualifiée si souvent de miraculeuse, il nous était permis et prescrit d'élever de temps en temps le cri de la joie. Quant à la détresse, il fallait la dissimuler pour ne pas la répandre. C'est ainsi que vous ne trouverez dans ces quatre cents pages aucune trace des muettes magnificences de notre Paris solitaire. Comme tous nos concitoyens, je peux attester que, dans la tragique saison, la certitude de la victoire ne nous a point quittés. On était moins sur que les Allemands ne violeraient pas le seuil de la capitale du monde. On se disait : c'est très possible,