L'APPEL .. DU GOUVERNEMENT
20 août lill i.
Même en vacances parlementaires, riiabitude du régime parlementaire exigeait un morceau d'élo- (juence. Celui-ci est venu. Il est bon. Il est ferme. Retenons au passage un mot qui sonne toutes les réalités constitutives d'un peuple résolu à ne pas périr: « Gloire aux vivants et aux morts. Les hommes tombent. La Nation continue ». C'est ainsi qu'il eût toujours fallu concevoir, en paix comme en guerre, la durée de la France. Elle tient, pendant que les Français successifs se remplacent. Si les individus succombent, la race alimentée de leur sacrifice refleurira sur leurs tombeaux.
Cette floraison généreuse doit continuer à côté des fosses qui se creusent. Les ministres ont raison d'oxhorter à ce que « la vie nationale » « ne soit pas suspendue ». Mais ils ont bien senti que cette vie économique et industrielle avait besoin de paix intérieure. Leur parole conciliatrice « Oublions tout ce qui n'est pas la patrie » sera la bienvenue. Bienvenue, la fière réponse que la « France n'est pas la proie facile que s'est imaginée l'insolence de l'ennemi ».
Quel malheur que, pour affirmer cette vérité avec certitude, il ait fallu ce « devoir tragique »! Sans une brusque simplification du paysage intellectuel et moral, sans cet « ouragan de fer et de feu », « le plus formidable qui ait été déchaîné sur un
peuple », sans ce fléau céleste activé par une énergie infernale qui dissipe les arrière-pensées diviseuses et qui devrait les anéantir jusque dans leurs germes, en un mot, sans la chute des toits de l'Europe et du monde, étions-nous donc condamnés à nous laisser pourrir pour un nouveau siècle par ces guerres plus que civiles qui mettaient notre nationalité en char-