‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 79 sur 238 · I.K DANGI'H DES IlAHANGUES · texte numérisé non relu

I.K DANGI'H DES IlAHANGUES

de mal, a pensé le (îouvernomenl, qui estime plus urgent que tout de se débarrasser, de manière ou d'autre, des fûcheux importuns (jui sont devenus obsédants.

Oui. Mais, choisie ou subie, la manière, ici, est médiocre pour ne pas dire mauvaise! On prend un des moyens les plus sûrs de rompre cette union des cœurs et des esprits qui était le seul bienfait de l'atroce guerre. Les hommes divisés peuvent agir ensemble, chacun pour ses raisons, chacun pour ses idées, en vue d'un objectif matériel commun, quand celui-ci est bien défini. La guerre a cela d'excellent qu'elle ne demande que l'unanimité d'action. Nous l'avons déjà éprouvé dans nos guerres civiles. Quand il s'agissait de marcher contre l'insulteur de Jeanne d'Arc ou contre le Juif déserteur ou contre le diffamateur du Clergé, nous pouvions faire appel à toutes les nuances de tous les partis patriotes : l'unité de direction étant respectée entre les mains des Camelots du Roi, les bonapartistes, les plébiscitaires, les républicains nationalistes, les catholiques libéraux eux-mêmes se rencontraient sur le même champ de bataille et ils fraternisaient contre les mêmes adversaires antipatriotes, antimilitaristes et anticatholiques. iMais nous n'avons jamais offert aux membres de cette coalition de faire des réunions publiques communes, parce que dès qu'on parle, ou même dès que l'on crie, il faut manifester ses raisons, ses idées, ses sources d'inspiration, ses principes directeurs : l'extrême diversité des mobiles et des moteurs eût suffi à troubler sinon à détruire entre les alliés, une union alors précieuse.

On reforme aujoiircriiui une union semblable et de beaucoup plus serrée et plus forte puisqu'elle peut conduire à se sacrifier ensemble pour la défense du sol français. Cette union est réalisée sous la conduite du gouvernement, — républicain, sans doute pour notre malheur, — mais existant, mais recevant des nécessités de fait la mission de mener la guerre. Pas de murmures contre ce principe d'obéissance, chacun le sent vital! Pas d'opposition à cet accord tutélaire! De l'extrême gauche à la droite extrême, tous les hommes de cœur et de sens comprennent que tout autre parti serait absurde ou infâme, à moins que d'être absurde et infâme tout à la fois. Les sombres nigauds qui m'écrivent que nous faisons trop de confiance à la République sont des gens qui ne savent ni lire, ni penser. Seuls, les antipatriotes d'hier, réduits, il est vrai, à une infime minorité, minorité d'ailleurs honteuse, peuvent obscurément désirer que cette trêve du salut public soit rompue et que des discussions bruyantes, des contlits tapageurs, des querelles sans méthode, ni direction encombrent de nouveau l'oreille et l'esprit des Français. Les Français envahis se battront coude à coude, quelles que soient leurs diversités de pensées, contre les armées de l'envahisseur : ils risqueront de se combattre les uns les autres si vous les rassemblez dans une salle pour entendre les raisons des doctrines ou le programme des hommes sur lesquels, depuis cinquante et cent ans, ils sont divisés!

Mais, dit la dépêche de Bordeaux, les orateurs exposeront : 1° les origines de la guerre; 2° la justice de notre cause; 3" la situation militaire et diploma-

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