LE DANGER DES HARANGUES. ICI
li(iue ; A° les raisons qu'il y a d'avoir plus que jamais confiance dans le succès final.
Ilclas! ne croit-on pas qu'ils voudront vile substituer à ce texte diplomatique et guerrier, si mal connu d'eux tous, le texte beaucoup plus familier des raisons de les réélire ou (plus noblement!) de faire confiance aux vertus, au programme de leur parti?
Le terrain défini par la note de Bordeaux serait celui de l'union. Eh! combien de parlementaires seraient hommes à s'y tenir? Le pied leur manquerait dès les premiers mois. Il leur faudrait de toute nécessité revenir au seul terrain dont ils aient la pratique et leur évocation des points de vue particuliers aurait facilement les apparences d'une provocation ou d'un défi. Vous dites votre opinion? Quel motif de taire la mienne? L'affirmation d'une nuance en appellera la négation, la négation d'une autre fera affirmer celle-ci, conformément au droit égal indivisible de chacun : et nous serons bien avancés !
Je ne dis pas que cela aura toujours lieu, ni souvent. Le poids de l'angoisse commune opérera, même dans les idées et les discours. Mais, à mon avis, devant les Armées et devant l'Europe, un seul fait de dissension un peu aigre fera oublier le miracle de tous les accords précédemment constatés; en présence de l'ennemi, une seule scène de discorde civile comportera plus de dommages et de honte qu'on n'aura trouvé d'avantage ou dhonneur dans mille cas d'embrassade sincère et de communion spontanée. A la place du gouvernement, nous n'aurions pas couru ce risque inutile. Est-il besoin de dire combien j'aimerais me tromper?