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LA RÉVOLUTION EN ALLEMAGNE PEUT-ETRE QUE OUI, PEUT-ÊTRE OUE NON

17 septembre 1914.

La déconfiture des armées allemandes ajoutée aux difficultés financières et à la famine, va-t-elle déterminer une crise révolutionnaire en Allemagne? Je le souhaite de tout cœur, mais ce n'est pas avec des souhaits que se font les événements ; les plus beaux vœux du monde, quand bien même nous les prendrions pour accomplis et les annoncerions hardiment comme tels, ne feraient pas arborer le drapeau rouge sous les Tilleuls, ni brûler le palais impérial, ni couper la tête à Guillaume et à ses enfants.

Des Alsaciens qui ont vu FAllemagne de près m'ont souvent assuré que la défaite impériale n'entraînerait ni la proclamation de la République ni même l'assaut de l'Empire par la social-démocratie. De fait, ce n'est pas entre Guillaume et « ses » socialistes que les rapports semblent s'aigrir, mais entre la fraction allemande et la fraction franco-belge de l'Internationale ouvrière. Ces deux tronçons du môme parti qui se croyait européen se reprochent de méconnaître ou de violer les règles jurées en commun, Vandervelde et Jules Guesde d'un côté, Sudekura et le jeune Liebknecht de l'autre, se comportent respectivement comme M. Jules Cambon et M. de Schœn. Au nationalisme des premiers répond le nationalisme redoublé des seconds. Il se pourrait donc bien que le nationalisme allemand

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