LA RÉPONSE DU CARDINAL LUÇON
La physionomie expressive du Prince a la mobilité de notre ciel français, où les plus lourds nuages passent si vile ; elle a, osons le dire, la vivacité, le ressort de l'esprit national qui, toujours réveillé à l'heure où il semble abattu, fait soudain reparaître l'espoir, la confiance, la victorieuse énergie.
Brusquement, le Prince s'écrie :
« Ne parlons plus de moi, parlons de la France ! La colère brilla dans les yeux du Prince.
— Puis-je me plaindre de quelque chose devant ce que la France a souffert, devant ce qu'elle souffre encore : l'invasion, Toccupation, le passage de ces hordes brutales etstupides sur sa civilisation, sur sa beauté, dont le souvenir ne quitte pas mon cœur d'exilé. Ces horreurs infligées à des innocents, à des pierres mômes, avilissent à jamais une nation, une armée, une monarchie : les princes et les chefs de l'Allemagne sont en train de se déshonorer et de déshonorer la guerre qui fut jadis la grande école de l'honneur. Ils mettent leur orgueil à d'ignobles atrocités.
< Mais du fond do tous ces malheurs, comme la France est belle ! Elle ne fut jamais plus belle qu'aujourd'hui. Les plus directement frappés sont les plus
résislanis. Tenez, j'ai là une IcUre admirable qui vient de la plus olTensée et de la plus meurtrie de toutes nos villes martyres, de Reims. En réponse aux sentiments si naturels que je lui exprimai pour le vandalisme soulTert par la cathédrale du sacre, le vénérable cardinal-archevêque de Reims m'a adressé des pages qui ne sont qu'un cri de douleur. '" * bien, il en ressort une invincible espérance. »