QUE VEUT-ON DE PLUS
devenons à M. Caillaux.
M. Caillaux parle ensuite des bruits qui ont couru sur son compte. Il les dément un par un et c'est peut-être une imprudence : car les bruits qu'il évite de démentir seront tenus pour indubitables.
Comptons ses rectifications.
Sa mission au Brésil était gratuite. Il n'était pas à Vienne au commencement de la guerre, il n'était pas non plM*^ i\ V.\]î\n. Il n'a pas répondu h l'oppol de
LA hentri^:e ok m. caillai X.
lobilisalion parce qu'il n'avait pas à ivpoinJie, claal u'édc cinquanlc cl un ans. Il cgi rentré de lui-môme ians l'armée, cl le ministre des finances, dit-il, « a bien voulu me donner non les deux galons que j'avais jadis portés, mais le grade de payeur princi- « pal qui correspondait à mon rang dans l'inspection des finances •. Il n'a jamais quitté son poste « qn«' pour des raisons de service ou muni de permis- « sions régulières ». Il n'a donc pu participer h des intrigues diplomatiques tendant à faire conclure une paix honteuse. M. Caillaux se déclare hostile ;i une paix honteuse : comme Hervé, comme Clemen- »^au... L'artillerie lourde n'a pas eu de partisan plus iiergique ni d'avocat plus chaleureux que son ministère et, quant au traité du A novembre 1911 auquel
I apposa la signature de la France, cet inslrunienl ml si mal accueilli en Allemagne qu'on ne saurail le croire humiliant pour nous. Le Liw^e Jaune le démontre : on désirait là-bas un gros morceau dr !iolre empire colonial. M. Caillaux n'en a donné
lu'un petit : en faut-il davantage pour faire croire
II patriotisme et à la bonne administration do M. Caillaux? Il écrit : « que veut-on itr plus? »
La question si naïve serait faite pour dé.sarmer si
lie ne nous révélait l'étal d'esprit d'un homme h qui
ni été confiés la vie et l'honneur de la France Ain>i,
1 aura sulTi «^ M. Caillaux de savoir rAliemague
:nsatisfaile du gros lot obtenu pour le tranquilliser
-ur la profonde déchirure faite en 1911 au territoire
ongolais et même (on peut le dire, aujourd'hui que
la liront est lavé) à l'honneur national! L'Allemagne
n'a reçu qu'un lambeau de notre chair, de quoi elle
murmure : dansons, chantons, que vouloir de plusT Si, chassée de TAisne, de l'Oise, de la Somme et du Pas-de-Calais, l'Allemagne sifflait son chancelier cl conspuait son empereur pour n'avoir conservé des dépouilles françaises que la lisière de nos déparlements du Nord et de l'Est, M. Caillaux répéterait sans doute les mftmes monstrueuses paroles. « Que veut-on de plus? » dirait-il. Je vais lui dire ce qu'on veut, dès aujourd'hui : l'oublier.