LES DEUX HAINES
Eh! sans doute, il ne s'agissait que de Français. Les généralités publiées hier matin par M. Jouhaux sur la haine s'appliquaient bien à la haine en soi, mais elles ne venaient qu'à propos de la haine du peuple allemand qui est impie : c'est la haine de l'étranger et de l'ennemi qui égare, trompe, alTole, dégrade, aveugle : la haine du Français, la haine du concitoyen est, au contraire, un sentiment qui éclaircit les idées, élève les cœurs, ennoblit et polit les âmes. Il est permis de haïr son compatriote, il est doux de le calomnier, pieux de lui faire du mal. Les personnages dont je parle ne se risqueraient pas à l'écrire, parce qu'ils ne se soucient pas de faire éclater leur déraison; mais ils n'en ont jamais douté et leur pratique quotidienne l'établit assez clairement pour qu'on n'en doute plus.
Il serait peut-être sage d'y prendre garde. Un tel programme de haine à la France et d'amour à l'Allemagne ne convient pas au temps de guerre. Mais c'est une sottise, môme aux jours de la paix. Si