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NOTRE PREMIÈRE DÉMARCHE AUPRÈS DE M. VIVIANI

Courtoisement accordée par M. Viviani, la première audience eut lieu le 18 janvier. Le premier

mol du Président du Conseil fui pour déclarer qu'il élait impossible de rapporter, ni do suspendre une loi quelconque : il avait été convenu <*nlre ses colh'gues qu'il ne serait pas louché pendant la guerre à l'état de la législation. La demande du Prince ne pouvait d'ailleurs pas être introduite devant le Parlement, où elle était de nature A causer des discussions et des divisions.

Forts des intentions de Monseigneur le iJuc d'Orléans, nous noiis permîmes d'insister. Ce qu'il demandait, et qui était si légitime dans ses mobiles, ri'tt.ut, à aucun point de vue, une chose difficile à K'.iliser, sion lenvisageaildu côté pratique, avec une égale bonne volonté. Si l'on redoutait de toucher, <lans une aussi modeste mesure, à une loi existante, (»n pouvait, sans viser spécialement le casdeTExilé, introduire dans une loi nouvelle (n'en fait-on pas lous les jours?) un article portant, par exemple, qu'il n'v a pas d'exceptions au devoir et au droit de lous les Français de servir la Patrie en temps de guerre. Le Prince, se mettant à la disposition de l'autorité luililaire, gagnerait directement le poste qui lui serait assigné. Et si le gouvernement voyait un inconvénient à ce qu'il fût en contact avec les troupes l'raneaises, il lui serait facile de le placer, sous notre imilbrrae, dans l'armée anglaise, au besoin dans le corps des interprètes attachés à cette armée.

A toutes ces remarques, M. Viviani répondit invariablement qu'il ne pouvait rien demander au Parlement, qui, directement ou indirectement, permît au Prince de servir comme soldat français, qu'il ne le pouvait, ni le voulait.

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Ces paroles nous renseignaient sur les dispositions de M. Viviani, qui nous paraissaient telles que pouvait le souhaiter le principe au nom duquel il gouverne la France. Mais, de notre côté, il nous importait de savoir s*il n'existait pas un moyen de libérer la défense nationale de ce point de vue un peu particulier.

Autant pour la France que pour le Prince, plus pcut-t^tre pour elle que pour lui, nous avons renouvelé aussitôt l'insistance, en la portant sur un autre point. Les ordres reçus par nous étaient formels : tout faire pour que le Prince pût prendre part à la délcnsc de sa Patrie, dans n'importe ciuels rangs. Puisque ceux de l'armée française lui étaient fermés sans rémission, il fallait songer de nouveau aux armées alliées.

Mais il s'était déjà adressé à elles, et toujours, en dépit des sentiments (lu'on lui avait manifestés, il s'était heurté au môme obstacle, résultant de sa situation particulière à l'égard du gouvernement français. Nous devions poser la question »" f »•'<{dent du Conseil, et nous la posâmes :

— Cet obslacle,qui interdit*^ Monseigneur le Duc d'Orléans Taccès des armées allié«>s. ]«» iroi!\'»'-vment serait-il disposé à le lever?

A cette interrogation, M. Viviani resta un moment silencieux. Puis, il nous fil observer que c'était là une question nouvelle, et qu'il voulait y réfléchir. 11 nous demandait quelques jours pour nous donner une réponse. Cette réponse, le Président du Conseil s'était proposé de nous récrire. Il préféra nous donner un nouveau rendez-vous.

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