LE MOYEN SIMPLE
Nous devons avouer n'avoir pas été insonsibles à la dure obligation de renoncer aux vues supérieures d'union nationale qui avaient inspiré la pensée du Prince. Il nous restait à accomplir un autre devoir ■n essayant d'un dernier moyen pour satisfaire son ardente volonté de servir son pays. La question pouvait se poser d'elle-m<>me sur un terrain tout différent, n'impliquant rien d'officiel : (juclques feuilles radicales venaient de prendre de grands airs pour sommer et défier le Prince de s'engager incognito dans la Légion étrangère.
— Eh bien! dîmes-nous à M. Viviani, il y a là une
idée. Le Prince l'a eue le premier, et l'a tentée en
•ctobre, à Londres, où il a essayé vainement de
'engager dans ces conditions. Cela lui .serait-il plus
lacile en France, où il ne peut pénétrer sans être
trrôté? Un prince qui ne songerait qu'à des intérêts
le parti envisagerait sans déplaisir l'éventualité
démouvoir ainsi l'opinion. Monseigneur le Duc
d'Orléans ne songe qu'à défendre son pays. Dès lors,
c'est encore de vous que l'affaire dépend. Dans le
^as où le Prince arriverait en France et prendrait
lu service dans ces conditions, fermeriez- vous les
214 LE PARLEMENT SE RÉUNI l
Litige si siqiplo (|uo nous dével(>j)iut>ns j^anil choquer beaucoup M. Viviani. Il paraissait craindre que le Prince, renouvclaol l'incident de i81H>, ne créât des difficultés au gouvernement.
Nous étions bien placés, pour le rassu; nions-nous pas de lui dire que le désir du Prince éUiil d'épargner à la défense nationale toute agitation d'ordre politicfue? N'était-ce pas la ligne de conduite qu'il avait suivie depuis le début des hostilités, celle qu'il avait dictée à tous les royalistes français? Nos démarches actuelles prouvaient assez qu'il n'entendait pas en changer. Il ne ferait rien que d'accord, de façon explicite ou implicite, avec le gouvernement. Mais en quoi celui-ci serait-il gêné si Monseigneur le Duc d'Orléans, à l'insu de Itms et sous un nom d'emprunt, servait le drapeau de la France? C'est ainsi, qu'en 1870, les amis des Princes arrangèrent, d'accord avec^I- Thiers, l'engagement du duc de Chartres sous le nom de Robert le Fort.
M. Viviani répondit que le Duc d^Orléans serait fatalement reconnu cl ([ue, pour sa part, le gouvernement devrait applicpicr la loi.