‹ Les conditions de la victoireChapitre 12 sur 204 · LA RÉSISTANCE NATIONALE · texte numérisé non relu

LA RÉSISTANCE NATIONALE

« Le cardinal a raison. El il en sera de la France comme de la cathédrale de Reims. Elle restera^ grûce précisément aux vertus inouïes qui se sont manifestées à celte heure dans tous les rangs, dans toutes les classes de la population. Allez ! ne croyez pas que je sois injuste : non, je ne ferme pas les yeux à la rude besogne administrative, militaire ou civile qui a été faile par de bons serviteurs de l'Étal : qu'ils soient républicains ou qu'ils ne le soient pas, ils onl su penser à la France d'abord, à la France avant tout !

« Elle a été sauvée par la résistance de son armée : tout ce qui a aidé et servi cette résistance, ministres, préfets, instituteurs, évoques, maires o.u curés, onl mérité de la patrie dans le même ordre que les généraux, officiers, sous-officiers et soldats, que nous appelons tous, et justement, nos sauveurs.

.. Dans mon long exil, j'avais pu observer la formidable organisation allemande. Elle avait aussi des points faibles, mais elle se trouvait puissamment ras.semblée et concentrée aux mains d'un gouvernement fort. J'en ai prévenu mes amis : eux aussi, ils ont souvent averti la France. Mais avant l'épreuve formelle, de «juni servaient les avertissements? Voyez l'admirable Avant-Ouerrc...

« Seulement, malgré sa préparation, Tennemi a

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complé sans le long travail silencieux de noire élatmnjor, sans le canon de 75, chef-d^œuvre du génie inventif de la France, adopté il y a vingt ans par une décision prévoyante de mon ami le général Mercier, alors ministre de la guerre. L'ennemi a compté surtout sans l'étonnant labeur continu de plusieurs générations dofliciers ({ui n'ont cessé de perfectionner leur matériel et leurs méthodes de guerre. Les Allemands — c'est là leur pire bévue, — n'avaient pas compté davantage sur les vertus militaires de notre grande race. On savait le Français un soldat d'élite : on n'imaginait pas, surtout à notre <'poque, avec quelle aisance ses qualités pourraient se lévelopper, se compléter, en engendrer d'imprévues, «le toutes neuves : ténacité, patience, et l'héroïsme n'y perd rien ! La lecture des épisodes de cette 1,'uerre me fait dire à chaque instant que les plus beaux moments de notre histoire sont égalés ou -urpassés. Tantôt dans les journaux, que je consulte ividement, tantôt dans les lettres d'amis qui mari ivent du front, il y a lieu de saluer des actes dignes «les Roland, des Bayard, des chevaliers d'Assas.

« Voilà trente ans que je parcours l'Europe et que j'entends avec impatience dilîamer la France, non <lans ses institutions, qu'on flattait au contraire, niais dans sa nature, dans son esprit et dans sa chair à qui l'on attribuait les faiblesses de son régime. Ah! cette prétendue décadence française, l'étranger la voit maintenant! L'Allemagne s'y est frottée. Elle est en train d'y laisser la réputation de son pédantisme militaire, ses armées, ses canons, j'espère aussi sa peau.

« Elle s'apcn;oit qu'il y a, comme dit Barrés, « une « France élernelle » dont la valeur mililaire el les ressources morales sont intactes. >

Nous n'avons pu nous empêcher d'exprimer ici au Prince combien nous étions sensibles à cet élogo de la France moderne, fait par Celui dont la charge historiqn*^ o<{ do roljor lo pi<»co»i« *lo 1 . Pifrjo à ^on passr.

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