RENAN CHEZ JAURÈS
erreur ou malice : la réalité du plus grand intérêt qui nous fût commun.
Ainsi la conclusion psychologique et subjective proposi^e par Renan dans cette étude n'offre pas seulement aux yeux de la raison le désavantage d'intervertir les facteurs : eu faisant reposer le principe de la nation comme une pyramide renversée sur la pointe des volontés de ses nationaux, au lieu de la laisser naturellement s'élever de ses antiques bases de géographie et d'histoire, en identifiant la nature des choses aux i ées changenutes de l'homme, on favorise de véritables dangers publics. Que serait-il arrivé si les sentiments justes n'avaient pas ét»^ plus forts et plus actifs que les idées fausses ou ti l'évidence du péril avait été moins bien sentie, de sorte qu'une importante minorité de Français eût continué à se croire détachée et désintéressée de la patrie commune? Quels déchirements intérieurs auraient compliqué l'oppression extérieure! Ils ne se sont pas produits? Eh! c'est le signe que au fond tous les Français voulaient continuer à vivre ensemble? Mais si certains d'entre eux avaient deux volontés, s'il faut distinguer entre la volonté de fond et la volonté de surface, quelle frivolité et quelle équivoque inconsistante que la définition proposée par Renan aux lecteurs de Vllumonitél
Franchement, ce n'est pas une définition de temps de guerre. De nos jours, il eût trouvé mieux 11 eût conseillé aux rédacteurs de V Humanité de rééditer d'autres pages de lui, plus utiles et mieux adaptées à la situation. Je les assure qu'il y en a.