‹ Les conditions de la victoireChapitre 137 sur 204 · AU CONSEIL DE REVISION · texte numérisé non relu

AU CONSEIL DE REVISION

13 avril 1015.

Les réformés des vieilles classes subissent à leur tour, qui n est pas toujours leur rang tl'âfje, les épreuves d'un nouveau conseil de revision. Celait, l'autre quinzaine, M. Gustave Hervé, puis Maurice Pujo. Hervé sortit en fulminant contre Timpudeur scantlaleuse de Tcxhibilion mililairo. Mais Pujo m'assurait que les foudres d'Hervé élaient prolbndémcnt ridicules. Hier, avec les aînés de ma classe 1888, j'ai pu voir à quel point notre Pujo avait raison. 11 faudrait décupler le personnel ou le matériel et centupler la perte de temps pour réaliser toules les combinaisons de rideaux et d'isoloirs aux«|uellcs se complaît l'imagination pudibonde de l'ancien propagateur de Malthus. Les choses se passent comme elles peuvent se passer : perfectibles, assurément, comjue l'humanité! Mais l'urgence des réformes diverses étant très inégale, il faut commencer par les plus pressées et ajourner les autres.

Les droits de l'homme étaient bien saufs. Mais il n'en a pas été de m(^me du droit des citoyens français. Les Parisiens renseignés qui ont défilé avec moi à l'Hôtel de Ville, ont eu l'écœurement et le scandale de voir siéger, au centre de ce conseil, un juif allemand, à peine naturalisé, mais revélu. comme il convient, de tous les honneurs de 1 Élal français : M. Grunebatim-Ballin, né à Francfort en 1870, con-

AU CONSEIL iJi: HEVISION. 241

seiller d'Ëtat en service extraordinaire et président du conseil de préfecture de la Seine.

C'est, sans doute, un fait exprès de ia destinée : •rès avoir été jugé en janvier 1913, à Versailles, ir un juif luxembourgeois, le prési 'ent Worins, je lirvais être examiné, à la mi-avril 1915, en l'ancien parloir aux bourgeois de la nation parisienne, par un petit juif francfortois. J'y ai bien regretté ma liberté du temps de paix et mes franches coudées de 1915....

Page 1