DE DEUX QUESTIONNAIRES POSSIBLES
Plusieurs choses étaient à faire. Je pouvais demander à M. Orunebaûm-Ballin, dont le nom signifie '^M allemand l'Arbre Vert, ce qu'il faisait là, de quel
oit il se mêlait aux opérations du recrutement de nos soldats ; pourquoi, s'il se croyait quelques droits ^n France, il ne commençait pas par aller remplir
Il devoir, payer sa dette et la dette des siens sur le front; comment, dans tous les cas, un fils de l'ennemi, un homme né sur la terre de l'ennemi,
tit bien présider une commission d'officiers de larmée française. Je pouvais demander à M. Grunel)niim s'il oubliait ses divers actes administratifs, ou
le petit juif d'anticléricalisme imaginait que nous les eussions oubliés.... Se figurait-il que nous eussions ignoré les rapports secrets de sa loi de séparation (9 décembre 1905) avec les ambitieuses intrigues allemandes que le coup de Tanger (1905), ceux d'Algésiras (1906), de Casablanca (19IOj, d'Agadir
'H) ont brutalement révélées? Supposerait il que nous serions toujours distraits du vieux parallélisme
Macrrai*. — Ï.O Parlttn»'iit 16
bismarkien entre les menées anticléricales en France et refforl de l'impérialisme allemand?
Ce questionnaire ne laissant pas d'être compliqué, il y avait d'ailleurs moyen de le simplifier en adjurant les Conseillers de revision et les citoyens revisés de prendre garde au Boche qui siégeait par là, au petit Boche juif aux paupières baissées {car il fuyait nies yeux), né à Francfort, el dont les oncles, cousins et neveux de Francfort tiraient, sr»T»'i 'lo^io on ce moment sur les troupes françaises?
Il était facile de demander si un conseil de revision était valable, ainsi présidé par un Boche....
Les cris approbatifs des citoyens accourus en habits plus ou moins sommaires, n'auraient pas manqué de causer un certain malaise à mon petit juif de Conseil d*État; vraisemblablement, ils l'eussent déterminé à quitter la place et à laisser les Français de France s'examiner entre eux. Ses yeux, toujours baissés, du plus loin qu*ils m'avaient aperçu, disaient son embarras, dont il eût été facile de tirer parti.