DIGRESSION : S'IL Y AVAIT UN ROI
N'étant ni charlatan, ni candidat, iii i avocat d aucun candidat, je ne répondrai pas que, sous la monarchie, les mauvais catholiques marcheraient droit. Plus modestement, mais avec une vérité d'autant plus ferme que je suis en état de la prouver, je réponds qu'alors et alors seulement il y aurait des chances pour que ces gens-là marchent droit.
Effectivement, qu'y a-t-il au-dessus du mauvais patron, riche, millionnaire, supposé sans respect pour la morale religieuse qui lui prescrit (avec des peines temporelles et spirituelles à la clef) la loi de justice et de charité? Il n'y a rien, du moins en République. En monarchie, il y aurait le roi. La République étant le pouvoir électif du nombre, mais du nombre manié par l'opinion, de l'opinion faite par les journaux, par les orateurs et les conférenciers, c'est ù-dire en dernière analyse, par l'Or, par ses millions sans conscience, ce sont les patrons sans scrupule moral ni religieux qui sont en définitive ce que Chirac appelait t les rois de la République » : et pas des rois connus, pas des rois contre lesquels on pourrait s'unir et crier, pas des rois nominatifs et responsables, auxquels il reste toujours (K>^sible
1 mlli^'«M- la (iécliéance, l'exil ou IVrhafainl : ce sonl
les roirt cachet, qui, en apparence, n'ont pas d'autres ()ouvoirs que vous et moi et qui, dans la réalité, -rrâce à leur Or, grâce à leur papier monnayable,
lennent tout, môme leurs adversaires apparents les plus violemment déclarés. Les manigances du socialisme et du capitalisme n'ont môme plus besoin «l'être dénoncées, elles ont été prises sur le fait. L'Humanité, pour ne citer qu'elle, a été fondée par douze financiers juifs.
Avec un roi, il y aurait assurément un risque de le voir s'entiMidre avec les millionnaires méchants. Mais, môme impatient de toute idée morale et en le
apposant libre de tout frein religii ux, le roi, par simple intérêt politique,par souci de l'in^iéprndance ti(î son autorité, par ambition personnelle et volonté • le rendre son peuple florissant et fort, par bas désir (le popularité encore, et aussi par lelTet d'une rivalité éternelle entre la puissance qu<* donne lor et
t'ile que donnent le sceptre et Tépée, le roi, dis-je,
iiirait vingt raisons de vouloir ployer les mauvais i iches à leur règle, le mauvais patron au devoir formulé par lui. — Et s'il ne le faisait pas? — S'il ne le faisait pas, ce seraitcommeaujourd'hui: tout le monde pourrait s'en plaindre, hormis les malheureux qui ont
ru àla république; encore garderait-on la chance, iiijourd'hui inexistante, de voir le pnnce héritier et
uccesseur mieuxcomprendre l'intérôtde la dynastie. La perspective de cet avenir contribuerait déjà un
•>u à mettre au pas les mauvais patrons dont me parlait mon correspondant. Aujoind luii ils ne connaissent môme pas ce frein éventuel. Môme un
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mauvais rui nous vaudrait donc un léger progrès. Les lois sociales ne seraient pas bâclées Et elles seraient appliqut^es. C'est ce que l'on peut voir, du reste, môme sous une mauvaise monarcliic, comme celle desHohenzollern. Quand, au congrès d'Amsterdam, Jules Guesde, aujourd'hui ministre de la République française. Innca le 17 août l'.'Oi. à Jaurès :
... Vous avez iiuluiué (ju'un |>r(jji . ;.^ . ;;trailes ouvrières est à l'étude. 11 n'accorde pas aux ouvriers le dixième de ce que la monarchie des Hohf-n ''""-m n accordé aux ouvriers allemands,
qu'est-ce que Jean Jaurès a pu répondre à Jules Guesde sur cet article? Exactement, rien du tout. On sait cependant si Jaurès avait de la langue et s'il était facile de le mettre dans l'embarras! Mais celle fois les faits parlaient trop haut. 11 est trop évident que la démocratie c'est la ploutocratie, c'est-à-dire le gouvernement des richards. Dans une république démocratique l'or est roi, et d'une royauté que ri»»n n'équilibre, — sauf, en temps d'invasion, le fer sanglant de l'ennemi.
La parenthèse close, revenons au sujet.